Saint-Malo
Créateurs et repreneurs : Saint-Malo joue son avenir
Saint-Malo # Conjoncture

Créateurs et repreneurs : Saint-Malo joue son avenir

À Saint-Malo, l'Agglomération, la Chambre de commerce et d'industrie et Pays de Saint-Malo Entreprendre mettent la dernière touche à l'organisation de la Semaine des Créateurs et repreneurs d'entreprises, qui se tient du 7 au 12juin. En partenariat avec Le Journal des Entreprises, cette deuxième édition vise à stimuler les porteurs de projets de tous poils sur un territoire vaste, allant de Fougères à Saint-Malo, en passant par Dinan et Dinard. Un bassin de vie qui veut lutter contre cette image d'un pays vieillissant, paradis des retraités. Philippe Créhange

Saint-Malo: ses remparts, sa porte Saint-Vincent, ses corsaires, son casino... Cette image-là, la ville et l'agglomération l'assument pleinement. Le tourisme, c'est un pan important de l'économie locale. Pour autant, quand les élus et les acteurs économiques locaux découvrent parfois dans la presse des dossiers faisant de leur cité une ?ville de vieux?, c'est-à-dire de retraités, ils trouvent la critique injustifiée. «Saint-Malo vieillissant? C'est la vision qu'on a d'intra-muros mais ce n'est pas la réalité de l'ensemble du Pays de Saint-Malo», fait remarquer Dominique de La Portbarré, président du réseau malouin Forum+(lire page suivante). Jean-Luc Blot, vice-président de la CCI de Saint-Malo, notamment en charge de la création d'entreprise, reconnaît que le danger guette. «Si on ne fait pas attention, le pays va devenir une maison de retraite. Il faut donc créer un contrepoids à ce phénomène de vieillissement de la population.» Et ce contrepoids, c'est l'incitation à la création d'entreprise.




Bassin de vie de Fougères à Dinan

Après une première édition en 2007, la CCI, Saint-Malo Agglomération et Pays de Saint-Malo Entreprendre ont donc décidé d'organiser à nouveau la Semaine des créateurs et repreneurs d'entreprises. Du 7 au 12juin, plusieurs conférences sont programmées (voir plus bas) sur un territoire allant de Fougères à Dinard, en passant par Saint-Malo et Dinan. Un périmètre assez large - ou bassin de vie - pour démontrer qu'il s'agit vraiment d'une dynamique de groupe.




Axe prioritaire

«La dynamique de la création d'entreprise est l'un de nos axes prioritaires sur le plan économique», souligne Catherine Desvallees-Bunel, directrice du développement économique et touristique à Saint-Malo Agglomération. Et de montrer que derrière les préjugés, le territoire fait montre d'une belle vitalité. «On est en situation de morosité économique sur le plan national, pour autant, on a toujours autant de comités d'agrément pour la pépinière d'entreprises Le Cap.» Autre signe: l'opération ?Graine de créateurs?, qui s'est tenue en avril, a été un véritable succès. Objectif: rapprocher établissements scolaires et entreprises. «630 élèves ont participé et sont allés à la rencontre de 14 entreprises», liste Daniel Gaslain, vice-président de Saint-Malo Agglomération en charge du développement économique et maire de La Fresnais. Un élu qui a été étonné par la maturité de certains jeunes. «Les questions tournaient autour du montage de l'entreprise, de son financement. Il y avait aussi des questions juridiques. Beaucoup disaient ?Je veux être chef d'entreprise?. Ça a surpris beaucoup de monde sur place.»




Faire venir les technologies

Sur le plan chiffré, le taux de création et de reprise d'entreprise est relativement stable depuis deux ou trois ans, indique Jean-Luc Blot. Des chiffres qui n'inquiètent pas outre mesure. Non, s'il y a vraiment un axe stratégique, c'est bien celui de la typologie des créateurs. «Le Pays de Saint-Malo n'a pas la réputation d'être un territoire de technologies. Or, aujourd'hui, on voit arriver un autre type d'économie: celle de l'immatériel et de la connaissance.Cela rentre complètement dans les besoins du Pays.»




Passerelles entre seniors et créateurs

L'installation il y a quelques mois de la technopole Atalante Saint-Malo, en lien avec Rennes Métropole, s'inscrit dans cette évolution. «C'est un moyen puissant pour attirer ce public, avance Jean-Luc Blot. Car les projets créateurs d'emploi demain sont ceux qui portent une technologie très forte.» Par ailleurs, au-delà de la stimulation des porteurs de projets, la 2e Semaine des créateurs vise également à créer des passerelles entre les entreprises dites ?seniors?et celles récemment créées. «Car les entreprises ont la fâcheuse tendance à chercher une expertise auprès des grands noms, à Paris, explique Jean-Luc Blot. On veut montrer que le savoir-faire des grands cabinets, on peut le trouver à l'échelle locale. Il faut convaincre que localement, on a ce qu'il faut.»




Ouvert au grand public

Ce sera notamment l'objectif de la journée du samedi. Un salon ouvert au grand public où une centaine de créateurs présenteront, à travers des stands, leur activité. Parmi eux, peut-être les futurs grands noms de l'économie locale. Car si Saint-Malo traîne cette image de ville de retraités, elle est aussi connue pour être le berceau de grands patrons. «Avoir des Roullier, Raulic ou Beaumanoir. Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de villes de cette taille à avoir donné naissance à autant de capitaines d'industrie», fait remarquer Dominique de la Portbarré pour qui l'objectif principal de cette ?Fête? des créateurs et repreneurs, c'est de «donner envie et permettre à certains d'aller plus loin.»

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