L'entreprise, aujourd'hui installée à Aubagne, n'a jamais cessé d'innover et d'investir dans la recherche et développement. Elle dispose ainsi d'une salle de production de marrons glacés, de 1.200m² comportant vingt-cinq cuves de 1.000 à 1.400kg, entièrement contrôlées par informatique, et d'automates d'emballage entièrement mécanisés pouvant plier jusqu'à 3,5 tonnes de marrons par jour. Pourtant, l'aventure de l'entreprise Corsiglia commence en 1855, date à laquelle Jean-Baptiste Raffetto, l'oncle du grand-père de Jean-Louis Corsiglia, actuel dirigeant de la confiserie, s'installe à New York pour y produire des fruits confits et des marrons au sirop. Il y épouse Nicoletta Corsiglia et en 1870, André Corsiglia, le grand-père de Jean-Louis, les rejoint. «L'entreprise est ensuite rachetée par une société bruxelloise et mon grand-père se rend en Belgique. Il s'y marie et son épouse, d'origine marseillaise, ne veut pas repartir pour les États-Unis», rappelle avec passion Jean-Louis Corsiglia dans la grande salle de réunion de l'entreprise où trônent les portraits des premières générations de Corsiglia dont il a hérité l'entreprise et perpétue le savoir-faire. «Ils décident alors de s'installer à Marseille». La Belle de Mai puis la rue Abbé de l'Épée (où le nom Corsiglia demeure encore sur une façade) abritent les différentes implantations de l'entreprise qui est ensuite reprise par Jean et Louis Corsiglia (le père et l'oncle de Jean-Louis). «Je suis entré dans la société en 1965. J'avais 19 ans. J'ai toujours baigné dans cet univers de la confiserie et du fruit confit », explique Jean-Louis Corsiglia, dont l'épouse Danièle est également aux commandes de l'entreprise, tout comme ses enfants, Christophe et Stéphanie.
23% du CA à l'export
Dans les années 1970, l'entreprise fabriquait de nombreux produits (fondants, guimauves, nougats, chewing-gums...) tous à base de marron ou de châtaigne. «Petit à petit, je me suis dit que nous devions nous spécialiser sur un produit et en devenir leader». Aujourd'hui, la société Corsiglia produit pour 40% des marrons au sirop et pour 60% des marrons glacés qu'elle vend aux pâtissiers et glaciers. L'entreprise fabrique également de la crème et de la pâte de marrons ainsi que des écorces de citrons et d'oranges confites. La clientèle est hexagonale, mais également internationale. L'export représente 23% du chiffre d'affaires de l'entreprise. «Sur les marchés étrangers, nous sommes vendus dans les rayons des ?department stores? ou à des importateurs qui distribuent ensuite nos produits. Nous travaillons avec les États-Unis, l'Europe du Sud (Espagne, Italie), le Bénélux, la Suisse et quelques pays d'Amérique du Sud comme l'Argentine, le Chili ou le Brésil.
Un produit festif
Malgré la crise, en 2009, l'entreprise a maintenu ses parts à l'export et s'est en outre aventurée sur le marché italien, qu'elle distribue en direct depuis janvier. «En Italie, nous sommes en contact avec les clients finaux. Notre produit est festif. Cela nous permet de ne pas trop subir les fluctuations dues à la crise». En 2002, la société a quitté ses locaux marseillais, trop étroits, pour gagner le site actuel, à Aubagne, qui appartenait à Pulco. «Si le produit est saisonnier, la fabrication, elle, est étalée tout au long de l'année. «La production des agrumes confites nous permet par exemple de lisser la saisonnalité ». En France, la clientèle de l'entreprise est constituée de pâtissiers, chocolatiers et glaciers (50%), de semi-industriels et de grands comptes (30%). «Pour les grands comptes, nous fournissons des produits à leurs marques. Dans le cas des artisans, la moitié des produits sont à notre marque...»
La confiserie Corsiglia, qui cultive depuis cinq générations la passion du marron glacé en mariant tradition, respect du produit avec recherche et développement, sert aujourd'hui les plus grandes épiceries fines et chocolatiers. La PME a su industrialiser la gourmandise...