Coopération : Mission Lorient pour la visiteuse burkinabé
# Conjoncture

Coopération : Mission Lorient pour la visiteuse burkinabé

TALENTS DU MONDE Dans le cadre d'un programme régional, la Burkinabé Ada Yaya Bocoum a passé deux semaines à Lorient chez le constructeur Arteco.

Pour l'une, une expérience entrepreneuriale. Pour l'autre, une rencontre riche en oxygène relationnel. Tels sont les termes de cet échange "gagnant-gagnant" entre Pierre Laude, un des associés d'Arteco, constructeur de maisons individuelles à Lorient et la burkinabé Ada Yaya Bocoum. La trentenaire a fait partie du programme Talents du Monde, qui vient de s'achever. Initié et mis au point par la Fondation Solacroup Hébert et Bretagne International, il a permis à de jeunes chefs d'entreprise Africains d'être accueillis à Dinard pendant trois mois. Avec pour chacun un stage dans une entreprise bretonne. Les événements en Côte d'Ivoire ont restreint à neuf, au lieu de 20, le nombre de participants.




Africa Études

Mais Ada Yaya Bocoum a pu néanmoins faire étape dans le Morbihan. Le métier de la jeune femme est l'architecture. Elle y a consacré six années de formation après le bac. La jeune femme a décidé d'investir dans ce voyage d'étude, perçu comme utile au développement de sa SARL de droit burkinabé, Africa Études (trois personnes). Récemment créée à Ouagadougou, la capitale, Africa Études vise un chiffre d'affaires de 20millions de francs CFA en première année, l'équivalent de 30.000euros. Le bâtiment est en effet en pleine croissance au Burkina-Faso. «Le centre-ville de Ouagadougou est en réfection», énumère la dirigeante, membre de la jeune chambre économique burkinabé. «Une nouvelle zone de bureaux voisine du secteur résidentiel Ouaga 2000 va s'échelonner jusqu'à 2020. Le coût des terrains y est cinq à six fois plus élevé que la norme et la liste des architectes est affichée.» Fait rare dans un pays où, dans 90% des cas, on se passe d'eux. D'où des constructions à l'assise parfois approximative. Mais le secteur pourrait bien se professionnaliser plus rapidement que prévu, sous la pression d'accidents récents. «À Dakar, au moins un bâtiment s'est effondré et à Ouagadougou, deux immeubles se sont écroulés à deux jours d'intervalleen 2009», évoque la jeune architecte.




Le web explose en Afrique

Autre chantier d'avenir: le nouvel aéroport à 20 kilomètres de Ouagadougou, prévu pour être fonctionnel en 2016. Un projet qui ne provoquera sans doute pas la même bronca de la part des populations que Notre-Dame-des-Landes. «En France, tout est sujet à recours», constate Pierre Laude. «On le voit bien avec le centre de formation du FCL.» Ou le futur hôtel d'agglomération au Péristyle à Lorient. «Si les gens ne se révoltent pas en Afrique, c'est aussi parce qu'ils ne savent pas», ajoute-t-il. Mais la progression d'internet sur le continent - le temps des cybercafés semble bien révolu à Ouagadougou - risque à terme de changer la donne démocratique.

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