D
e quoi souffre Coop Alsace?
Le groupe perd de l'argent depuis 2008. Il souffre de sous-investissements et de sous-rentabilité chroniques. Les supermarchés, le libre-service Leclerc et les magasins de proximité accusent une perte de 20millions d'euros par an. En 2011, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 750millions d'euros. Les hypermarchés et les supermarchés ont généré 550millions d'euros et les magasins de proximité moins de 100millions d'euros.
Quel est votre plan de restructuration?
Ce plan vise à adosser chaque activité à un groupe national. Nos6 hypers et les 21 supermarchés sont affiliés au groupe Leclerc. Nous allons renforcer ce partenariat pour offrir les meilleurs prix à nos consommateurs. Pour nos150 magasins de proximité, nous souhaitons nous adosser à Casino. Pour avoir de bons prix, il faut passer par les cinq grands groupes nationaux. Il n'y a pas d'autres choix aujourd'hui.
En novembre dernier, il était question de céder 49% des parts de Coop Alsace au distributeur Casino. Qu'en est-il aujourd'hui?
Nous avons signé un accord d'exclusivité avec Casino. L'enseigne stéphanoise approvisionnera nos magasins de proximité avec ses produits distributeurs. Mais nous conservons notre gamme de produits régionaux. Et nous créerons une filiale à 100% Coop.
Pensez-vous que cet accord suffira à rétablir l'équilibre des comptes?
Oui, car grâce à la force commerciale du groupe Casino, nous allons améliorer nos marges. Nous prévoyons aussi de changer les horaires d'ouverture de nos magasins de proximité. Aujourd'hui, ils ferment trop tôt le soir. Notre objectif est de revenir à l'équilibre dans les deux ans à venir.
Les magasins passeront-ils sous la double enseigne Coop et Casino?
Non, nous gardons la marque Coop. Il n'est pas utile de mettre la double enseigne.
Quel est l'impact de ce plan de restructuration sur l'emploi et le nombre de magasins?
Nous pensons construire à partir du réseau actuel, donc il y aura peu de fermetures de magasins, moins de dix. Et il n'y aura pas de licenciements économiques. Nous gérons les effectifs avec le plan de départ volontaire, et la mobilité géographique et fonctionnelle. Nous avons déjà enregistré 409 départs volontaires. C'est une restructuration «soft».
Quel est l'avenir de la plateforme de Reichstett?
La plateforme sera maintenue mais modernisée. Leclerc alimentera directement les hypermarchés et la plateforme traitera les supermarchés, les magasins de proximité et les produits régionaux. J'ai fixé ses objectifs à trois ans: qu'elle soit compétitive sur son marché et qu'elle réponde aux exigences de qualité des consommateurs.
Quelle est la prochaine étape du plan?
Nous travaillons à l'assortiment de produits avec Casino pour les petits magasins. Nous avons prévu de démarrer avant la fin du semestre.
Coop Alsace
(Strasbourg) Président: Christian Duvillet 3.200 salariés Chiffre d'affaires 2011: 750millions d'euros 03 88 45 95 55