Coop Alsace : Le prix de son nouveau départ
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Coop Alsace : Le prix de son nouveau départ

Distribution Coop Alsace revient de loin. Très loin. Recentrée sur ses magasins de proximité - démantelée estime certains syndicats et sociétaires - l'entreprise espère un retour à l'équilibre en 2014. Un nouveau départ, au prix d'importants sacrifices.

Engagée depuis fin 2011, la profonde restructuration de Coop Alsace commence à porter ses fruits, même si les choix opérés ne font pas l'unanimité. L'entreprise est certes toujours en difficulté, et délestée de certaines de ses activités, mais son existence n'est plus menacée à court terme. En deux ans, l'endettement a été résorbé de 142 M€ à 20 M€. Si les pertes s'élèvent encore à 15 M€ - contre 65 M€ il y a deux ans - pour un chiffre d'affaires de 600 M€, suffisamment de voyants sont aujourd'hui au vert pour que son président, Christian Duvillet, envisage un retour à l'équilibre pour 2014




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Restructuration radicale

Arrivé au coeur de la tempête pour redresser la barre d'un navire au bord du naufrage, entre déficit abyssal et image du système coopératif ternie par les scandales judiciaires, Christian Duvillet n'a pas hésité à prendre des décisions radicales, au grand dam des syndicats et des 170.000 sociétaires profondément attachés à l'intégrité de leur coop. « Le plan de redressement que j'ai suivi, je ne l'ai pas inventé, rappelle-t-il. Il avait été dessiné avant mon arrivée et je me suis entouré de spécialistes pour le peaufiner. J'ai surtout remis de la rigueur dans cette entreprise, des outils, des tableaux de bord. La restructuration financière a déjà permis de résorber grandement l'endettement de l'entreprise, qui est désormais à jour de ses cotisations à l'Urssaf et de ses impôts à l'État ». L'organisation du groupe a été remise à plat pour ne garder que deux unités économiques autonomes : HyperCoop, adossée à Leclerc (désormais actionnaire majoritaire) et rassemblant les 6 hypermarchés et 22 supermarchés Rond Point devenus Leclerc Express. Et l'Union des coopérateurs d'Alsace (UCA), qui gère les 144 magasins de proximité et la fabrication de produits alimentaires (boucherie-charcuterie et boulangerie) au siège, à Reichstett. Christian Duvillet se dit prêt à aller plus loin dans la cession des parts d'Hypercoop à Leclerc. Et même ouvert à la vente des murs des magasins de proximité. « Coop Alsace a besoin de capitaux, nous regardons tous les leviers possibles pour assurer la pérennité à long terme de l'entreprise ». Le levier social a lui été a nouveau actionné. Un deuxième plan concernant la suppression de 210 postes a été annoncé en février. « À l'issue de celui-ci, nous aurons, avec 742 salariés, sauvegardé 78 % des emplois du périmètre UCA... », souligne le président. De quelque 4.000 salariés en 2008, l'effectif de Coop Alsace sera alors de 2.497 personnes. « Quand on compare notre bilan à d'autres entreprises de la région, on se dit qu'on a sauvé beaucoup, même si cela ne semble pas assez aux yeux de certains », estime Christian Duvillet.




L'offensive commerciale

Coop Alsace prend un nouveau départ en se recentrant sur ses magasins de proximité. Convaincu que « la proximité est le meilleur atout du groupe », Christian Duvillet a confié fin 2012 le plan de relance commerciale à Christophe Gros. L'enjeu : que les magasins retrouvent la rentabilité en étant plus attractifs. 1 M€ est investi dans leur modernisation et leur réagencement. « Nous avons inauguré le magasin pilote, à Molsheim. À l'automne, l'ensemble du réseau devrait être remodelé », annonce Christophe Gros. Grâce au contrat d'approvisionnement signé avec Casino (un partenariat qui pourrait aller plus loin annonce Christian Duvillet), l'offre a été élargie de nouvelles références, dans le bio, le snacking. Mais l'entreprise mise surtout sur les produits régionaux pour se différencier de la concurrence. Son activité de boucherie-charcuterie est considérée comme « le fer de lance » de cette stratégie. L'autre point incontournable, mais qui cristallise encore les tensions en interne, concerne l'extension des horaires d'ouverture. Enfin, Christophe Gros orchestre également la refonte complète de la communication commerciale : nouvelle charte graphique, nouveau site internet et déploiement sur les réseaux sociaux. « On doit puiser dans l'ADN de Coop pour provoquer un renouveau de l'enseigne », résume-t-il.

Coop Alsace



(Strasbourg) DG : Christophe Gros 2.700 salariés dont 952 chez UCA CA 2012 : 600 M€ dont 100 M€ pour UCA

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