Le conseil général s'apprête à lancer un plan « Vendée Énergies Nouvelles », déployé sur trois ans (2014-2017) et doté d'une enveloppe de quatre millions d'euros. Le département souhaite tout simplement tendre vers l'indépendance énergétique. Objectif : produire l'équivalent de 50 % des consommations locales en électricité (contre 10 % aujourd'hui) d'ici à dix ans, grâce aux énergies renouvelables. À lui seul, le futur parc éolien offshore prévu au large des îles d'Yeu et de Noirmoutier devrait représenter plus de la moitié de ce pourcentage.
« La consommation électrique a bondi de 50 % en Vendée
» L'enjeu est de taille pour la Vendée, en proie à une forte hausse de ses besoins. De 2000 à 2013, la consommation d'électricité a atteint 4.900 GW, soit une progression de 50 %. Même boom du côté du gaz (+ 55 %). « La consommation électrique a augmenté quatre fois plus vite que la moyenne française », explique le président du conseil général, Bruno Retailleau. Sur les six dernières années, elle a même grimpé de 12 %, alors que celle des Pays de la Loire reculait de 2 % ! ». Une courbe de besoins qui pourrait encore progresser, puisque l'Insee prévoyait en 2007 l'arrivée de 240.00 habitants supplémentaires dans le département d'ici 2040.
Diagnostic des gisements
Décomposé en trois temps, le plan « Vendée Énergies Nouvelles » commencera tout d'abord par poser un double diagnostic. D'un côté, il s'agira de réaliser un état des lieux des consommations et des économies d'énergies possibles. De l'autre, d'isoler les gisements d'énergies renouvelables (solaire, éolien, méthanisation, biomasse, géothermie ou énergies marines), puis d'en évaluer les capacités d'exploitation et les coûts. Pour cela, une feuille de route va être élaborée avec GDF Suez, le Département et d'autres partenaires locaux, d'ici à la rentrée 2015.
Création d'un pôle Green tech
Que peuvent en attendre les entreprises ? Première annonce : la mise en place d'un fonds d'aide de 2,2 millions d'euros, notamment destinés au monde agricole pour soutenir les projets de production d'énergies renouvelables (via des subventions ou avances remboursables). S'y ajoutera la création d'un pôle d'innovation consacré aux énergies nouvelles ou « green tech », devant accueillir des sociétés, une pépinière pour les jeunes pousses et une offre de formation pour les entrepreneurs ou les étudiants de ce secteur. Plusieurs centaines de milliers d'euros devraient y être consacrés. Suite à la remise de la feuille de route, un appel à projets sera lancé à destination des intercommunalités, afin de déterminer qui accueillera ce pôle de nouvelle génération. Ce dernier travaillera notamment sur le traitement des digestats de méthanisation, le développement des techniques de liquéfaction du biogaz, ou encore le stockage des énergies alternatives par des procédés tels que la compression de l'air ou la fabrication d'hydrogène...
Mutualiser les équipements
Autre levier : inciter les entreprises à mutualiser leurs équipements (réseaux de chaleur et d'énergie au sens large) afin de réduire leurs consommations. Un soutien financier et un appel à manifestation d'intérêt vont être lancés sur dix Vendéopôles.
INFRASTRUCTURE Le Département veut fournir 50 % des consommations locales en électricité d'ici à dix ans, grâce aux énergies renouvelables.