Combiwest : Le président accuse la SNCF de sabotages
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Combiwest : Le président accuse la SNCF de sabotages

Fret Pas de manifestation avec les agriculteurs à Paris mais le président de Combiwest maintient ses accusations d'entraves sur les trains de l'entreprise.

Au final, ils ne sont pas allés manifester avec les agriculteurs. Combiwest, comptait bloquer le trafic ferroviaire à Paris le mois dernier. L'entreprise de fret, filiale de la Sica-de-Saint-Pol, avait déposé une demande - qui a été refusée par le Préfet - « par solidarité avec les agriculteurs », qui eux aussi manifestaient cette semaine-là à Paris, mais pas seulement. Son président Jean-François Jacob, également président de la Sica, dénonce des entraves et mêmes des sabotages contre leurs trains, qui transportent des produits frais (de la Sica, notamment) et industriels. Et ce depuis 4 ans et le lancement de Combiwest. « On n'a légalement pas le droit de bloquer les rails. Après, ceux qui ont la marchandise sur les trains ne sont pas obligés de se taire... », lance-t-il.




« Des sabotages »

Car Jean-François Jacob en a marre. Depuis 4 ans que Combiwest existe, il fait face aux réticences de la SNCF. Celle-ci avait fait appel au tribunal de Brest et l'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) avant d'être déboutée. « On nous fait faire des trajets invraisemblables, on est obligé d'avoir tout en double pour remplacer le matériel qui tombe en panne. On nous a volé des locomotives. Il n'y a pas une semaine sans incident. Dernièrement, on a meulé les vis sur les tôles d'une de nos caisses. Elle s'est pliée. Cela aurait pu causer un accident grave, voire mortel... », cite, en vrac Jean-François Jacob.




Avoir des sillons sécurisés

Autre revendication : avoir des « sillons » sécurisés. C'est-à-dire la possibilité de bénéficier d'horaires sur les rails, avec de l'avance. « Nos concurrents sont à 80 % ou 90 % de sillons sécurisés. Nous sommes à 22 % ! 12 % sur Rennes-Lyon ! Quant à Morlaix, on n'a pas pu faire partir un train depuis deux ans encore... », indique le président. Des entraves qui ont des conséquences sur le service assuré par Combiwest. « Quand on transporte du frais et qu'on attend nos sillons, ce sont des cargaisons qui sont foutues ! ». Préjudice estimé : « 10 M?, en direct. En indirect, on ne sait même plus... » Aujourd'hui, l'entreprise transporte 500 caisses par semaine. « On est à 800 quand ça va à peu près. On pourrait être à 1.000 dès aujourd'hui avec les demandes des industriels ». Désormais, le dirigeant attend du gouvernement un « engagement sur l'arrêt des préjudices ».




« Les sillons de Combiwest sont les bienvenus »

Pour SNCF Réseaux, tout cela s'explique. « Le système est lourd. Il y a en France, six millions de sillons par an. Il faut s'y prendre deux ans à l'avance pour les demandes. Et le noeud de Lyon est particulièrement difficile. Avec un taux de sillon sécurisé de 50 %, je n'ai pas les chiffres exacts en tête », explique Pierre Hardy, responsable du pôle clients et services. Quant aux entraves dénoncées par Jean-François Jacob, Pierre Hardy demande « quel intérêt aurions-nous à saboter les trains Combiwest. Les 2.500 sillons sont les bienvenus sur le réseau ! Il n'y a pas que des filiales de la SNCF qui circulent. Je pense à Euro Cargo Rail, filiale de la Deutsche Bahn ».



Isabelle Jaffré

Combiwest



(Rennes) Président : Jean-François Jacob 50 salariés 20 millions d'euros de CA 2015 (prévisionnel) www.combiwest.com

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