Mi-septembre2011 dans l'ouest de la France. Une organisation, qui préférera rester anonyme, réunit ses cadres à l'occasion d'un séminaire de deux jours. Au programme: ateliers Playmaïs, couscous Garbit sur un air d'accordéon et balade en calèche deux heures durant. Avec, pour résultat, des participants démotivés, voire réellement interrogatifs sur leur place et leur avenir dans l'entreprise. Cet épisode, réel, s'impose aux yeux de Gilles Fallet, directeur général d'Aventsport, à Avignon, comme le contre-exemple du séminaire réussi. «Il ne faut pas transformer ces moments en colonies de vacances pour adultes, qui peuvent rapidement se sentir infantilisés. Il y a mieux pour motiver ses équipes...» Spécialisé dans la production et l'organisation de séminaires "sportifs" à destination des entreprises, Gilles Fallet prévient: «Attention à ne pas détourner l'objectif d'un séminaire qui est souvent prévu pour fédérer le personnel, créer de la cohésion, voire de la complicité.» Le dirigeant, ancien coach pour sportifs de haut niveau, défend ainsi l'utilisation d'une démarche incentive dans la création d'événements et séminaires en interne. «L'idée est de réunir vos équipes pour un moment unique qui facilitera la création de liens et produira un souvenir, si possible joyeux, commun. «Pour cela, Gilles Fallet privilégie naturellement le sport dont certaines valeurs - confiance mutuelle, dépassement de soi - font écho aux demandes des entreprises. Exit la course en sacs, l'atelier de Playmaïs et la calèche. Place aux rencontres sportives durant quelques heures, voire quelques jours. «Je ne dis pas qu'il faille évacuer la course en sacs, mais disons qu'elle n'est pas forcément la plus adaptée.» La démarche prônée par Aventsport et autres agences spécialisées présente l'avantage d'être en accord avec l'objectif de l'entreprise. Car qui dit séminaire dit dialogue, échange et culture d'entreprise.
Ouvrir le dialogue
«Organiser un séminaire alors que l'on n'a rien à dire à ses salariés n'est pas une bonne idée», confirme François-Pierre Salamand, de l'agence Plus2sens. Et ce davantage encore en période de crise durant laquelle les salariés attendent souvent d'être rassurés par leur direction. «Quels que soient le contexte économique et les circonstances qui amènent l'entreprise à se réunir - dysfonctionnement entre les services, éloignement des équipes, remotivation ou tout simplement l'envie de faire un point - l'idée est, qu'à cette occasion, le dialogue s'ouvre. «Même - surtout - s'il s'agit de parler d'autre chose que de l'entreprise. C'est un moment à part à privilégier: on sort du contexte unique du travail, du site de la société, on se découvre autrement», conclut Gilles Fallet.