Colwell : L'imprimerie passe sous couleurs bretonnes
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Colwell : L'imprimerie passe sous couleurs bretonnes

Imprimerie. Suite à la liquidation de l'entreprise, le Breton Edicolor rachète les machines et reprend 45 salariés de Colwell. L'activité doit redémarrer avant l'été.

Ouf de soulagement à Bessé-sur-Braye. Suite à la liquidation de Colwell, l'entrepreneur breton Alain Oger a racheté aux enchères le 27mars dernier l'ensemble des machines de l'usine de nuanciers de couleur. Une vente express, en quatre lots, dont le principal regroupant tous les outils de production pour 720.000€. Une méthode qui a dissuadé de potentiels enchérisseurs venus pour une seule machine. Au total, le dirigeant d'Edicolor à Bain-de-Bretagne (35), également spécialisée dans la fabrication de nuanciers de couleur, a déboursé 785.000euros. «On ne voulait pas mettre un euro de plus. Notre seule crainte était que des repreneurs d'usines se regroupent pour revendre ensuite le matérielà nos concurrents», explique Christian Roché, directeur d'exploitation d'Edicolor, et dg du site Colwell jusqu'en 2007. Cette vente donne le départ au projet de relance de l'activité par la création de Panchroma, nouvelle filiale du groupe Oger. Ainsi, 45 salariés reprendraient un poste sur les 74 que comptait encore l'entreprise à la liquidation fin février.










Une place en Europe

Outre le doublement de son parc machines, l'opération permet à Alain Oger de rester le dernier acteur français sur la niche du nuancier couleur. Et suite à la fermeture de Colwell Allemagne l'année dernière et du hollandais Multicolor en mars, les perspectives sont réelles. «Il y a potentiellement 25M€ de chiffre d'affaires à récupérer, sans perdre celui de Colwell France (5,3M€ en 2010 NDLR). Il n'y avait de toute façon pas de place pour deux sur le marché national», précise Alain Oger. Le dirigeant avait donc tout intérêt à se positionner, au moins pour éviter que ces machines uniques partent chez un concurrent. D'autant qu'à Bessé-sur-Braye, la nouvelle direction trouve sur place les compétences dont elle a besoin. «On aurait pu aussi rapatrier les machines à Bain-de-Bretagne, car on a plus de contraintes à rester ici», souligne Christian Roché.




Site vétuste

Ce sont justement ces contraintes liées aux bâtiments, vétustes et situés en zone inondable, qui ont dissuadé Alain Oger d'une reprise de Colwell. L'entrepreneur a donc opté pour le rachat de machines. Le chef d'entreprise souhaitait en effet que les collectivités mettent à sa disposition un bâtiment blanc pour redémarrer l'activité. «On a revu les exigences d'Alain Oger à la baisse. Mais nous prévoyons toutefois une enveloppe dans le cadre de l'aménagement et de la sécurisation du site», précise Michel Leroy, maire de Bessé. Pour l'heure, les machines seront remises en route d'ici deux mois. Reste encore à s'assurer que les clients de feu-Colwell suivent Panchroma. «Nos prix augmenteront, ceux de Colwell étaient 20% trop bas. Maintenant, il va falloir rationaliser pour que chaque site ait sa spécialité», conclut Alain Oger.

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