« Depuis que Mecarep a été reprise par CMI il y a dix ans, nous avons investi près de 10 M?, en achat de machines, extension et en formation. » Pour Bernard Serin, président du groupe belge CMI (CA 2015 : 1,317 Mds?, effectif : 4.700), le choix de faire de CMI Mecarep à Distroff CMI Defence France il y a quelques mois était « une évidence. Les salariés, d'une forte compétence en mécanique, qui étaient alors spécialisés dans la maintenance en sidérurgie ont été formés pour fabriquer des pièces métalliques pour les systèmes d'armement. » Sans souhaiter dévoiler les chiffres de la production, Patrick Ribayrol, président de CMI Defence France, confirme que « jusqu'à présent les pièces métalliques destinées aux véhicules blindés étaient assemblées sur les tourelles au sein de CMI Defence en Belgique. Nous allons désormais construire les canons sur place pour ensuite les faire parvenir aux usines belges du groupe qui délivreront la tourelle achevée au client final. » CMI Defence France à Distroff, d'un effectif d'une cinquantaine de personnes, s'est donc équipé sur la période fin 2015-début 2016 d'une demi-douzaine de machines, notamment une machine découpe en électro-érosion. « Le bureau d'études de Loncin en Belgique, siège de CMI Defence, est composé d'une centaine de personnes, nous avons notre propre bureau d'études de six personnes ici, qui est en relation permanente avec les équipes de production, ce qui permet d'ajuster les produits », précise Bernard Serin. « Nous venons de débuter la production de canons, elle sera réelle à partir du mois de septembre. Cela s'accompagnera de deux à quatre recrutements. Il s'agit du seul atelier d'usinage du groupe. Le but est d'accéder au marché hexagonal, sur lequel nous ne sommes pas encore complètement », poursuit Patrick Ribayrol. « Les premiers canons qui sortent actuellement du site de Distroff sont destinés à un client canadien. « C'est un contrat d'environ cinq ans », ajoute l'ancien gouverneur militaire de Metz, qui a intégré le groupe belge il y a quelques mois.
Rentabilité de 6 à 8 % en 2022
CMI Defence, qui se revendique comme « leader technologique incontesté en matière de systèmes d'armes multifonctionnels de forte puissance pour véhicules blindés de poids léger et moyen », a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 596 M?, pour un effectif total de 372 personnes. En 2015, CMI Defence et le Français Silkan, spécialisé dans les solutions de simulation virtuelle, ont créé ensemble Agueris, dont ils souhaitent faire un acteur de référence dans le domaine de la simulation militaire terrestre. Le groupe CMI a réalisé un chiffre d'affaires total de 1,317 milliard d'euros, soit une hausse de 47 % par rapport à 2014. Et Bernard Serin ne compte pas s'arrêter là. « Nous avons fixé une feuille de route stratégique baptisée CMI 2017-2022. Nous souhaitons atteindre 2 Mds? de CA et une rentabilité de 6 à 8 %, avec un volume d'activités réparti de manière homogène entre nos quatre secteurs opérationnels », ajoute celui qui est surtout connu dans le paysage lorrain comme étant le président du FC Metz.
CMI Defence France
(Distroff - 57) Président : Patrick Ribayrol CA 2015 CMI : 1,3 Mds? Effectif CMI : 4.700 (dont 500 en Lorraine) www.cmigroupe.com