Club des cent cravates : Patrons férus de ballon rond
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Club des cent cravates : Patrons férus de ballon rond

Les soirs de match à Jean-Bouin, ils sont près d'une centaine de patrons angevins à se retrouver pour soutenir le SCO. Immersion dans ce club fermé, mais convivial.

Vendredi 9novembre, stade Jean-Bouin d'Angers, 18h30. Dans 15 minutes, débute le match de championnat de Ligue 2 opposant le SCO d'Angers à Niort. Au rez-de-chaussée, l'espace VIP se remplit doucement. Quelques dizaines d'invités dénotent. Embrassades, accolades, ils se connaissent. Détail original, ces hommes portent (presque) tous une cravate noire et blanche. Bruno Huet, architecte angevin du MMArena, l'a oubliée. Il a le droit à une remarque très amicale de Jean-François Dutour, dirigeant de Placardstyl et président du Club des cent cravates. Ce réseau regroupe des chefs d'entreprises sponsors ou partenaires du SCO d'Angers. Pour y adhérer, il faut être sponsor du club, au moins par l'entremise d'un abonnement VIP en tribune de Jean-Bouin. À cela s'ajoute la cotisation propre au club des Cent Cravates d'un montant de 300 € par an comprenant l'accès à un buffet d'avant et après match, d'une salle réservée à la mi-temps et la participation à trois soirées par an autour du sport, du football ou de l'économie. La dernière organisée le 26novembre accueillait l'ancien sélectionneur français Michel Hidalgo.




Fédérer autour du SCO

Crée en mai2009 sur le modèle manceau, on y rentre par cooptation, quand une place se libère. «Venir au match, c'est joindre l'utile à l'agréable en retrouvant des confrères dans un autre contexte plus détendu. C'est un exutoire» avance en souriant Régis Rousseau, président de la fédération du bâtiment du

49.En tribune, les soucis sont mis de côté. Les dirigeants deviennent de simples supporters avec leurs inimitables onomatopées: "Olalala"; "Ouuuuuuf"; "But??? Ah non!" Mais le langage ne dépasse pas le statut que confère le port de la cravate. Au sein de cette association, on retrouve plusieurs têtes connues du patronat angevin comme Norbert Plot de l'imprimerie Convergence, le boulanger Nicolas Becam, Luc Germond du Super U Les Justices, ou

Éric Grelier d'Oya.

Industriels, experts-comptables, concessionnaires automobiles, agents immobiliers, avocats: l'endroit semble idéal pour les affaires. Mais l'association s'y interdit ouvertement. «Bien sûr que ça existe mais ce n'est pas la finalité. On ne veut pas que ça devienne un club d'affairistes. On a un dénominateur commun: le football et surtout le SCO d'Angers. Modestement on essaie de fédérer les énergies autour du club, pour le promouvoir dans un esprit convivial», explique l'initiateur, Jean-François Dutour.

Après trois ans, les Cent cravates est déjà un réseau influent. Initiée sous la présidence de Willy Bérnard, l'association a oeuvré en coulisses quand l'ex-président du SCO s'est retrouvé en 2011 devant les tribunaux pour abus de biens sociaux. Il a fallu calmer les esprits de patrons-supporters-sponsors écoeurés de voir l'image du SCO éclaboussée. Le réseau a aussi participé officieusement à l'arrivée du Sarthois Saïd Chabane à la présidence, quelques mois après Bertrand Baudaire, le P-dg de La Boucherie. Ce dernier, toujours actionnaire, est un ancien... Cent cravates

. Depuis, le club a retrouvé de la sérénité et des résultats. Et ça semble plaire: en six mois, une quinzaine d'adhésions ont été enregistrées. Pour la première fois le club des Cent Cravates compte bien 100 adhérents.

www.clubcentcravates-sco.fr

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