Chambre de métiers : Gestion cafouilleuse des RH
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Chambre de métiers : Gestion cafouilleuse des RH

DIALOGUE SOCIAL Alors que se clôt un audit des ressources humaines à la Chambre de métiers, Xavier-Pierre Boulanger gagne en appel contre un délégué syndical CGT.

Comment a-t-on pu en arriver là? Dysfonctionnements dans les services, plaintes de souffrance au travail, procès en diffamation... La vie n'est pas un long fleuve tranquille à la Chambre de métiers (CMA). À tel point qu'un audit des ressources humaines vient d'y être diligenté pendant deux mois. Il a officiellement coûté plus de 20.000euros mais plusieurs sources avancent plutôt 38.000 euros. 20 à 25 personnes devaient au départ être entendues. Au final, une quarantaine de salariés ont été audités. Un épisode qui n'est que l'épilogue d'une longue série de contentieux impliquant Xavier-Pierre Boulanger.




Coup de théâtre

Dernier coup de théâtre? L'ex-secrétaire général adjoint, débouté en première instance, a remporté en appel son procès l'opposant au délégué syndical CGT Hervé Huerman. L'envoi d'un tract au Conseil régional, au Conseil général et aux organisations patronales UPA, Capeb, Cnams, CGAD et FFB avait permis de constituer le délit de diffamation. La CGT, qui a renoncé à se pourvoir en cassation, avait commis une erreur dans son pamphlet très salé du 16novembre 2009 dénonçant la dégradation des conditions de travail à la CMA. «Les conditions de recrutement et de rémunération critiquées désignaient le contrat de travail signé le 31mars 2005, au bénéfice de Jean-Marie Bévière. Je n'ai intégré la Chambre de métiers qu'au cours de l'année 2006», remarque Xavier-Pierre Boulanger. Entre-temps, ce dernier a lâché les manettes de la Chambre de métiers et un nouveau président, Olivier Le Couviour, a succédé à Marie-Christine Leray. Xavier-Pierre Boulanger a quitté son poste de secrétaire général adjoint pour prendre la tête du cabinet d'expertise comptable Cegam. Ce qui ne peut que donner satisfaction à la CGT.




Exit le Cegam

Sauf que Xavier-Pierre Boulanger s'apprête déjà à faire ses cartons au Cegam ! Il se prépare en effet à quitter son poste fin août. «Je devais organiser pour 2013 la fusion du Cegam avec l'Igam, une structure associative plus importante», avance-t-il. «Comme cette fusion va survenir dès octobre2011, je dois partir du Cegam. Il s'agit d'une rupture conventionnelle.» Xavier-Pierre Boulanger conservera en revanche ses postes de maire de Noyalo, d'administrateur national pour la complémentaire santé Radiance et de premier vice-président du conseil d'administration de l'Urssaf, mandat qui se termine en septembre. Si une poursuite au pénal lui permet d'exiger aujourd'hui 750 euros de dommages-intérêts et 500 euros d'amende avec sursis, le plaignant réclamait initialement 10.000euros de dommages et intérêts et la publication du jugement dans la presse. Sans parler de la prise en charge des frais de justice. «J'ai obtenu le maximum compte tenu des revenus d'Hervé Huerman», indique Xavier-Pierre Boulanger. «Cela fait partie de la gestion psychologique d'une affaire de demander des indemnités plus élevées que ce qu'on peut prétendre obtenir.»




Audit financier

D'autres points litigieux du tract ont fait l'objet d'une plainte de Marie-Christine Leray. La CGT dénonçait notamment des recrutements «au détriment de certains services dont les besoins en personnel sont réels.» Dès son arrivée, Olivier Le Couviour a rapidement supprimé les postes du responsable de la collecte de la taxe d'apprentissage auprès des entreprises de même que celui du responsable du restaurant des apprentis. Un audit financier avait précédé. «Après un déficit de 120.000euros il y a deux ans, la chambre est de nouveau bénéficiaire», remarque le nouveau président. «Nous repartons sur une base saine. Chaque salarié sera rattaché à un chef de service et à un directeur.» Le nouvel organigramme sera présenté lors de la prochaine assemblée générale de la Chambre de métiers, le 20juin.

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