Laurent Munier,
responsable de la réhabilitation des sites de
production thermique chez EDF
Où en sont les travaux dedéconstruction de la centrale thermique d'Ambès ?
Nous déconstruisons depuis 2005 l'une des plus grosses centrales thermiques de France avec une puissance installée de 1.000MW. Durant les cinq premières années, nous avons assuré la mise en sécurité du site, soit le retrait des produits dangereux (batterie plomb, déchets électroniques...). A suivi la phase plus spectaculaire de déconstruction des quatre cheminées de 140m de haut. Depuis 2011, le désamiantage mobilise plus de 70 personnes de la société Kaefer Wanner afin de retirer 450t de produits amiantés qui sont ensuite recyclés par la société Inertam de Morcenx. En 2013, nous entamerons alors la déconstruction des bâtiments chaudières par affalement à l'explosif. Enfin, en 2015, le terrain sera entièrement dépollué de résidus d'huiles et de fioul lourd.
Une activité économique est-elle en partiemaintenue?
Nous louons les anciens bacs à fioul à Société des Pétroles du Bec d'Ambès qui les a remis en état. Une zone est utilisée par la Force d'intervention rapide électricité d'ERDF pour stocker des groupes électrogènes de secours en cas de dégâts liés à des tempêtes. Un bâtiment de France Telecom abrite les lignes téléphoniques servant à alimenter les entreprises du Bec d'Ambès.
Une fois la dépollution terminée en 2015, quel sera l'usage de ce terrain de 55ha?
EDF restera propriétaire de ce terrain qui constituera une réserve foncière. Notre métier est en effet de préparer le terrain si un projet vient à sortir. Si nécessaire, ce site sera prêt pour l'installation d'une nouvelle centrale thermique. C'est une question de temps et de moyens selon la politique appliquée par la France en matière d'énergies renouvelables, et selon l'augmentation de la demande en électricité. Dans ce cas, il serait envisageable d'implanter une centrale de dernière génération à combustion fioul ou gaz, capable de fournir 150 à 200MW par turbine sur quelques dizaines d'hectares. Une installation charbon reste possible. Ambès constitue donc un site stratégique potentiel même si sept autres terrains d'EDF de ce type en France sont disponibles.
- TROIS QUESTIONS