CCI Nice Côte d'Azur : « Il y aura réduction de la voilure »

CCI Nice Côte d'Azur : « Il y aura réduction de la voilure »

Budget. Les CCI devront supporter une baisse de 20 % de leurs recettes fiscales en 2014. Quelles conséquences pour la chambre azuréen ne ? Réponse de son président.

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a loi de finances 2014 baisse les recettes fiscales des CCI à hauteur de 270 M€. Comment cela se traduit-il pour la CCI Nice Côte d'Azur ?

Nous perdons 3,5 M€ sur 18 M€. Il nous faudra donc composer avec un budget de 14,5 M€.




Êtes-vous en mesure de supporter cette baisse ?

Nous n'avons pas le choix. Notre maison étant gérée avec le plus grand sérieux, elle bénéficie d'un fonds de réserve dans lequel on ponctionnera 2 M€ pour rééquilibrer notre budget.


Ces réserves ont été pointées par le rapport Queyranne qui les assimilait à un trésor de guerre. À quoi servent-elles ?

Si la CCI a des réserves, et non un trésor de guerre, c'est pour nous permettre d'investir plus de 100 M€ sur les cinq ans de la mandature. Et pas pour financer des commissions qui nous pondent des inepties à l'instar de ce tissu d'âneries qu'est le rapport Queyranne.


Cependant, n'est-il pas logique que les CCI, comme les autres opérateurs de l'État, participent au redressement des comptes publics ?

Absolument ! Mais quel autre opérateur de l'État est capable de supporter une baisse de 20 % ? Les CCI ont une fiscalité affectée. Quand cet argent fléché CCI n'est pas attribué au réseau CCI, c'est soit du détournement de fonds publics, soit du vol ! Nous avions volontairement proposé, après avoir signé le contrat d'objectifs et de projets avec le Premier ministre, de contribuer à hauteur de 10 %. Il nous a été répondu qu'on nous ponctionnerait 20 %, mais qu'une partie, soit 100 M€, serait reversée aux entreprises sous forme de baisse des charges. Ce qui, à première vue, semble être une bonne initiative. Toutefois, j'ai fait un petit calcul en prenant l'exemple de trois sociétés azuréennes employant respectivement 15, 136 et 70 salariés. La première va récupérer 10 euros par tête et par an, la deuxième, 11 centimes d'euros, la troisième 1,2 euro. Quel choc de compétitivité ! On voit bien que la part revenant à l'entreprise est si peu impactante qu'elle n'apporte rien en terme de compétitivité, alors que ces 3,5 M€ nous manquent pour réaliser nos actions collectives et accompagner les entreprises dans leur développement. C'est vrai que si l'on s'en tient à une lecture comptable, la CCI dépense, mais c'est pour permettre aux entreprises de générer des recettes qui s'expriment en termes d'emplois. Mais, ça, à Bercy, certains ne peuvent pas le comprendre !


Quelles vont être les conséquences de ces coupes budgétaires ?

Des actions d'accompagnement qui se traduisaient par l'organisation de manifestations comme les Nuits du Commerce, de l'Orientation, de la Création et de la Transmission seront raccourcies et moins récurrentes. En clair, on réduit le service pour ne pas toucher à l'effectif (420 personnes, ndlr). Mais s'il y a pérennisation de la ponction, on ne saura plus faire.


Y aura-t-il un risque de plan social ?

Plan social, ce n'est pas le terme, mais il y aura réduction de la voilure qui pourrait se traduire par le non-remplacement des départs à la retraite, l'externalisation de certains services ou encore une demande de participation accrue pour les entreprises sur les actions collectives.


Avez-vous une visibilité pour les années à venir ?

Aucune, et c'est ce qui est le plus inquiétant.


Cette contrainte budgétaire va-t-elle accélérer le processus de mutualisation des CCI en Paca ?

Pas sûr ! Si les bagarres budgétaires ont été dépassées, il faut que les choses se construisent de manière intelligente et concertée. Nous espérons tout mettre en place et éliminer les scories d'ici à la fin de la mandature, pour qu'en 2016 la nouvelle mandature démarre avec une volonté et un objectif de travail clair. Nous n'irons donc pas plus vite que la musique.