CCI du Pays d'Arles : Quel avenir pour la centenaire?

CCI du Pays d'Arles : Quel avenir pour la centenaire?

Pour souffler ses cent bougies, fin mai dernier, la ?compagnie consulaire? arlésienne n'a pas hésité à réunir près d'un millier d'invités (personnalités, élus et chefs d'entreprises) comme pour mieux faire la démonstration de sa légitimité et de son efficacité sur le territoire du Pays d'Arles et pour mieux balayer les remarques de ceux qui pourraient douter de son avenir, alors que la réforme des CCI est en discussion au Sénat. Le thème du débat organisé à l'occasion de l'anniversaire était à lui seul tout un programme: ?L'avenir économique du Pays d'Arles?... Une enquête de Didier Gazanhes et Alexandre Léoty

Alors que l'avenir des chambres de commerce et d'industrie était en débat au Parlement et au Sénat, la CCI du Pays d'Arles (CCI-PA) fêtait en grandes pompes ses cent ans, réunissant près d'un millier de personnes dans ses locaux, autour d'une table ronde sur l'avenir économique du Pays d'Arles. Une audience qui semble ainsi conforter et confirmer le rôle de la CCI-PA, qui a décliné ses priorités en quatre grands axes: donner la primauté à l'accompagnement aux entreprises, être attentive et vigilante aux enjeux de la révision des politiques publiques, veiller à la cohérence des différents services présents sur le territoire et touchant à l'animation économique, et jouer le jeu des réseaux consulaires. En effet, si le Pays d'Arles recouvre en superficie la moitié du département, il ne regroupe en revanche que 10% de la population des Bouches-du-Rhône, et son économie est trop souvent considérée comme peu lisible: tourisme, culture et patrimoine, agriculture et agroalimentaire, logistique... Arles est ainsi tiraillée entre Marseille, Avignon et la région Languedoc-Roussillon toute proche.




36 mn pour 36 communes

Afin de démontrer sa cohérence économique, un film de 36 mn projeté en début de soirée, lors de la cérémonie d'anniversaire, accordait une minute à chacune des 36 communes composant le territoire du Pays d'Arles. Une manière de montrer l'existence et l'unité de la métropole arlésienne, qui vient harmonieusement contrebalancer à l'Ouest du département des Bouches-du-Rhone le pouvoir de la CCI Marseille-Provence. «La CCI-PA est née d'un besoin de reconnaissance des chefs d'entreprises arlésiens, qui se sentaient exclus des débats de la chambre marseillaise», rappelle Francis Guillot. Dès sa naissance, la CCI-PA a ainsi voulu prouver l'autonomie du territoire arlésien. «Une région doit avoir une grande métropole, mais elle ne doit pas priver le territoire d'existence. Arles est une chance pour un développement harmonieux du territoire régional», a confié Michel Vauzelle, président du conseil régional Paca et ancien maire d'Arles. «La CCI-PA joue la carte de la proximité. Il est rare dans cette période de mondialisation de retrouver un élément humain dans les relations économiques», a poursuivi Francis Guillot. «Rappelons aussi que par rapport à d'autres CCI départementales, notre chambre est d'une taille importante».




Autofinancée à 80%

Autre atout majeur de la CCI-PA: sa capacité d'autofinancement. «80% du budget de fonctionnement de la Chambre est issu de nos services marchands et 20% seulement proviennent de l'impôt. La réforme des CCI ne va pas éliminer les compagnies consulaires bien gérées, cela serait absurde», poursuit Francis Guillot. «Depuis deux ans et demi, nous travaillons à la mutualisation du back-office, notamment dans le domaine de l'international. La réforme nous pousse à maintenant mutualiser le front-office. Dans ce domaine, la CCI-PA a déjà montré, dans les domaines de la formation et de l'export, qu'elle avait des concepts reproductibles et partageables. Nous travaillons ainsi notamment à dupliquer Provence Prestige dans le Var. Au final, la centenaire ne se porte pas si mal...», a commenté Jacques Bianchi, président de la CRCI Paca et président de la CCI du Var. Pour le président du Pays d'Arles, Hervé Schiavetti, l'importance de la CCI-PA ne se discute pas. «Dans le pays d'Arles nous nous sommes toujours appuyés sur la CCI pour porter les projets de développement économique: le port fluvial, la zone de Saint-Martin-de-Crau... Il faut conserver des CCI locales. La représentation des tissus économiques doit être formalisée dans l'existence des CCI. Il en va de l'enjeu du Pays d'Arles. Sans chambre de commerce associé, nous serions dilués dans un espace beaucoup trop vaste», conclut-il.