Carlina Tech : La manie des nanotechnologies
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Carlina Tech : La manie des nanotechnologies

Produits pharmaceutiques Créée en 2010, la société Carlina Technologies travaille au développement de nanomédicaments. Avec une levée de fonds de 900.000€ cette année, l'entreprise compte embaucher et continuer à se développer, y compris outre-Atlantique.

C'est d'ailleurs outre-Atlantique que tout a commencé pour Olivier Meyer, le président de la société angevine. Après un doctorat en Sciences Pharmaceutiques, il a vécu entre la France et les États-Unis, avant de s'installer à Montréal. C'est là qu'il vivait lorsque l'opportunité s'est présentée de s'associer à Jean-Pierre Benoît, enseignant chercheur en pharmacie à l'université d'Angers et spécialiste des nanomédicaments.« Je travaille sur cette thématique depuis le début de ma carrière et j'ai dirigé plusieurs entreprises de biotechnologies, raconte Olivier Meyer. Je voulais travailler dans mon domaine d'expertise et Jean-Pierre Benoît cherchait un dirigeant. Je suis donc revenu en France. » Ensemble, ils créent Carlina Technologies. La start-up est spécialisée dans le développement de technologies innovantes de micro et nano-encapsulation de substances actives pour le développement de nouveaux médicaments.




Sept brevets exploités

Démarrée en 2010, l'entreprise s'appuie sur sept brevets de l'université d'Angers et de l'Inserm. Il faut dire que Jean-Pierre Benoît et ses équipes travaillent sur les nanomédicaments depuis bientôt 25 ans. Mais aujourd'hui le chercheur veut exploiter ces brevets et participer à leur développement "industriel". « Actuellement, nous travaillons sur le cancer et le diabète, explique Olivier Meyer. Deux nanomédicaments sont en phase test en ce moment. L'un est un médicament à libération prolongée d'insuline, qui permettrait aux malades de n'avoir besoin que d'une seule injection par semaine. L'autre porte sur une nanoparticule capable de cibler les tumeurs cancéreuses, limitant ainsi les effets secondaires et améliorant l'efficacité du médicament. »L'innovation développée par la start-up angevine ne réside pas dans les molécules utilisées, qui ont déjà fait leurs preuves, mais dans l'enrobage des médicaments. Il s'agit de micro et de nanocapsules qui ciblent mieux les cellules à atteindre. Mais le chemin avant une éventuelle commercialisation est encore long, même si les résultats sont très prometteurs. « La prochaine étape serait le test clinique avec des essais sur les animaux, puis les hommes, rappelle le président. Mais le développement d'un médicament prend dix ans et coûte plusieurs centaines de millions d'euros. Nous ne pouvons le faire seuls, donc nous devons convaincre des clients de nouer des partenariats avec nous. »




Le challenge du financement

Tout le challenge réside en effet dans le financement de ces recherches. Avec quatre salariés et une levée de fonds de départ de 300 000€, l'entreprise est bien loin de posséder la force de frappe des grands groupes pharmaceutiques. « Cette année, nous avons effectué une deuxième levée de fonds qui nous a permis de récolter 900.000€, mais il est difficile de convaincre les investisseurs français qui sont frileux à l'idée de soutenir des projets risqués. Heureusement que certains se lancent, comme Grand Ouest Capital ou Anjou Amorçage, et qu'il y a des fonds publics pour aider les entreprises innovantes. »Grâce à ces fonds, Carlina Tech va pouvoir embaucher deux techniciens de recherche et développement supplémentaires, ainsi qu'un manager, portant à sept le nombre de ses salariés. « D'ici à début 2014, nous allons aussi embaucher une personne en Volontariat international à l'étranger (VIE) pour développer les contacts sur la côte Est des Etats-Unis ou du Canada », précise Olivier Meyer. L'entreprise a aussi gagné trois nouveaux clients récemment, ce qui lui permettra de porter son chiffre d'affaires à 200 000€, une multiplication par quatre de son chiffre de 2012.Des perspectives très encourageantes pour la suite, d'autant que Carlina Tech va participer au Septième programme-cadre européen (7PC). « Nous sommes le partenaire industriel de trois universités européennes qui travaillent sur le développement d'immunothérapies anticancéreuses utilisant des nanoparticules jusqu'aux tests sur les animaux, résume le président. Sur trois ans, cela représente 2,3millions d'euros d'investissement en tout, un montant que nous n'aurions jamais pu réunir seuls. »

Carlina Technologies



(Angers)


P-dg : Olivier Meyer4 salariésCA 2013 : 200.000€www.carlinatech.com

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