Cap Diana a franchi le cap. Sa production de protéines de porc est arrivée à saturation fin 2010. D'où la nécessité d'investir encore dans l'agrandissement de l'outil pour conserver sa place de leader national, et de concurrent européen de premier plan, dans ce marché en plein développement.
Huit millions d'euros investis
Après la construction d'un bâtiment de 800m² et l'installation d'un process hautement technologique dédié aux protéines de porc en 2006, Cap Diana vient de lancer un programme d'investissement sur trois ans lui permettant de doubler sa capacité de production. Un second bâtiment de 1.000m² doit voir le jour en 2012. Il accueillera le stockage des matières premières et des produits finis. Au total, près de huit millions d'euros auront été investis depuis 2004 dans ce nouveau marché orienté exclusivement à l'international. Une diversification d'avenir pour la division Food du groupe Diana (1.300 salariés, 360millions d'euros de chiffre d'affaires). Ainsi dans un site où il s'est déjà créé plus de 10.000 recettes de sauces salées et sucrées, liquides, fraîches ou congelées, de jus, de garnitures de cuisine et de beurres composés, l'innovation ne faiblit pas. Cap Diana élabore des aides culinaires pour des grandes chaînes de restauration comme Buffalo Grill, Auto Grill ou Quick... Trois VIE (Volontariat international en entreprises) sont installés pendant un an en Angleterre, en Espagne et en Allemagne afin de mieux connaître les goûts et les habitudes culinaires. Histoire d'être le plus proche possible de ses marchés et de proposer des saveurs et des textures innovantes en phase avec les cultures gustatives.
Coproduit à valeur ajoutée
La présence en masse d'un coproduit sur le site, la couenne de porc, a fait naître la réflexion autour de sa valorisation. «C'est une protéine hautement fonctionnelle», rappelle Loïc Balac, directeur de l'usine de Pleucadeuc. L'idée était de valoriser ce coproduit, de créer un nouveau métier au coeur des ingrédients, la stratégie même du groupe Diana, et par conséquent de développer un nouveau marché.» Sans cette valorisation, la couenne de porc finirait en fabrication de gélatine. Produit apportant nettement moins de valeur ajoutée à l'industriel.
Marché exclusivement à l'export
Grâce à un processus d'extraction et de purification, la protéine de porc devient de la poudre. Une poudre qui capte l'eau et permet de faire du liant dans des recettes de pâtés, de saucisses et de jambon. Cet ingrédient technologique et économique préserve l'origine naturelle du produit fini. Ainsi avec moins de matière première, les industriels de la charcuterie russes, ukrainiens et polonais peuvent augmenter leur rendement. Si le marché s'est d'abord développé en direction des pays de l'Est, aujourd'hui Cap Diana s'oriente vers de nouveaux débouchés en Amérique du Sud ainsi que des pays de l'Europe du Nord et du Sud. Une quinzaine de réseaux de distribution sont implantés à travers le monde. Majoritairement français, à 70% pour ce qui est des sauces et aides culinaires, le marché de Cap Diana se dynamise désormais à l'export grâce aux protéines de porc. La France, étrangement, reste en dehors de ce nouveau marché. La raison? «La restriction des codes et des usages du marché de la charcuterie», précise Loïc Balac. Et originalité, Cap Diana apporte également un service après-vente. «Une assistance technique auprès de nos clients», poursuit le directeur. «Un technicien recherche et développement travaille ainsi sur la mise au point de la protéine de porc et sur les applications produits dans les différents pays».
CAp Diana
(Pleucadeuc) Directeur: Loïc Balac Effectif: 172 Chiffre d'affaires 2011: 36millions d'euros Tél.: 02 97 26 94 64.