Cancéropôle GSO : De l'huile dans les rouages de la recherche
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Cancéropôle GSO : De l'huile dans les rouages de la recherche

Le Cancéropôle Grand Sud-Ouest coordonne la recherche scientifique en cancérologie. Il a notamment créé Matwin, un programme visant à faciliter le financement de la phase de maturation des projets de recherche.

Créé en 2007, le Cancéropôle Grand Sud-Ouest (GSO) - à ne pas confondre avec le «Cancéropôle» du site de Langlade à Toulouse (cf. encadré) - a pour vocation de fédérer et animer la recherche scientifique en cancérologie, «pour faire en sorte que cette recherche aille plus vite et plus loin», explique Évelyne Cremer, la secrétaire générale. Regroupant les villes de Bordeaux, Limoges, Montpellier, Nîmes et Toulouse, le Cancéropôle GSO met en lien 300équipes de scientifiques et cliniciens -soit 2.000 personnes- des secteurs public et privé. «Notre but est de susciter des projets, analyse Évelyne Cremer. Nous mettons de l'huile dans les rouages de la recherche en accompagnant les équipes en termes de logistique, d'information, de communication.» Constitué en groupement d'intérêt public, le Cancéropôle GSO est à but non lucratif. Sa finalité est d'identifier les déficits des équipes et de mobiliser celles-ci autour de projets communs. «Montpellier avait une demande en microscopie virtuelle, cite en exemple la secrétaire générale. Nous savions que Bordeaux travaillait déjà avec Madrid, qui est en pointe sur ce thème. Nous avons alors mis en relation les trois sites et un groupe de travail a été créé. oeuvrer ensemble apporte un gain d'intelligence et de temps.»




Financer la phase de maturation

Il y a sept Cancéropôles en France, regroupés en super-régions. En 2009, celui du Grand Sud-Ouest a lancé un projet dénommé Matwin, qui a été étendu cette année au Grand-Ouest et à Paca. Sa philosophie est d'inciter les investisseurs au financement de la phase de maturation des projets de recherche. Cette phase vient après celle du dépôt de brevet et avant celle de preuve de concept préclinique. Mais à ce stade, le niveau de risque est dissuasif pour les investisseurs. «L'espace de maturation n'est financé par personne, note Évelyne Cremer. Au premier stade, il y a les laboratoires académiques financés par les fonds publics, qui vont jusqu'au dépôt de brevet. Mais il faut encore une somme importante de travail- coûtant de 3 à 5M€ par projet- avant d'imaginer une étude clinique. C'est pourquoi les industriels hésitent à acheter les brevets, car 90% partent ?à la poubelle?.» Les achats se font donc en général un peu au hasard, par des réseaux périphériques. Ou bien des chercheurs créent leur propre entreprise pour porter leurs «bébés». Il y a donc un «trou» entre les académiques et les industriels. Matwin a pour vocation à le combler, en identifiant les projets valables qui deviendront de vrais programmes. «Chaque dossier candidat à Matwin qui est retenu est envoyé à des experts académiques et industriels. Ceux qui ont de bons résultats sont ensuite analysés par un comité international qui donne un verdict.» Ainsi, les industriels ou les fonds d'investissement y voient plus clair quant à la valeur d'un dossier et augmentent de la sorte leurs probabilités de réussite. Cette année, 12 candidatures ont été présentées au programme Matwin. L'appel à expertise est clos mais reprendra en 2011, sur tout le territoire national cette fois.




www.canceropole-gso.org

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