« Croyez bien que pour un élu, ce n’est pas des choses faciles à décider. Mais on n’a pas le choix. Je préfèrerais dire oui à tout et ne pas assumer des économies mais la dette de la gauche c’est nous qui allons devoir la payer. Et je vais l’assumer», a expliqué Bruno Retailleau aujourd'hui. Le président du Conseil régional s’engage à réaliser 100 millions d’économie sur l’ensemble de son mandat. Le détail des économies à faire sera dévoilé à la mi-décembre. 25 millions d’euros ont déjà été économisés pour cette première année de mandature a annoncé Bruno Retailleau. Le Conseil Régional a réduit en 2016 ses dépenses de fonctionnement, notamment sur la communication. « Pour le budget 2017, il y a encore un énorme travail à faire. Il n'y aura pas de coupes sombres, nous allons regarder le détail des dépenses ligne par ligne », a précisé le président du Conseil Régional.
"Je ne jouerai pas l’avenir budgétaire de la région à la roulette hollandaise"
Bruno Retailleau ne cachait pas sa colère aujourd’hui. Car s’il est obligé de réduire les dépenses c’est bien, selon lui, à causes des socialistes. Et en premier lieu à cause de l’Etat. Alors qu’à l’origine, le gouvernement avait promis d’allouer 800 millions d’euros aux régions pour compenser les dépenses liées aux nouvelle compétences des régions acquises avec la loi Notre, c’est finalement 450 millions d’euros qui seront allouées à l’ensemble des régions. « Pour les Pays de la Loire, cela représente 15 millions d’euros alors que les dépenses de développement économique sont estimées à 30 millions d’euros , précise le président du Conseil Régional, je ne jouerai pas l’avenir budgétaire de la région à la roulette hollandaise. »
Manuel Valls avait bien annoncé en septembre dernier que la DGF ( dotation globale de fonctionnement) sera remplacée par le transfert d’une fraction de la TVA à compter du 1Er janvier 2018. Une mesure que Bruno Retailleau voudrait effective dès le 1er janvier 2017. « Entre temps, il y a une élection présidentielle », précise le président du Conseil Régional qui s’inquiète du remise en cause de la mesure dans les mois à venir.
Une situation économique alarmante
La situation économique de la Région est effectivement alarmante. C’est ce qu’a conclu le cabinet Ernst & Young lors de son audit financier. La Région Pays de la Loire apparait plus endettée que la moyenne des régions avec une dette par habitant de 355 euros en 2014 contre 308 par habitant en moyenne. C’est ce qui explique en partie la dégradation de la notation financière par Standart & Poor’s en juin dernier. Et le responsable de cette dégradation, pour Bruno Retailleau, c’est Christophe Clergeau. Il accuse le socialiste, ancien vice-président de la Région, d’avoir caché une dette de 478 millions d’euros via des autorisations de programme qui n’ont pas été voté. Le montant de la dette du Conseil Régional en 2015 s’élevait à 1,44 milliard d’euros.