Bretagne Sud Habitat : Logique industrielle
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Bretagne Sud Habitat : Logique industrielle

LOGEMENT SOCIAL Attaqué par voie de presse sur la gestion de ses comptes, le bailleur social, satellite du conseil général du Morbihan, a choisi la transparence. Bretagne Sud Habitat défend une logique économique de production.

Chaque année, Bretagne Sud Habitat (BSH) investit 30 à 50 millions d'euros dans la construction ou l'entretien de logements sociaux. Propriétaire d'un tiers des logements sociaux dans le Morbihan, soit 11.000 sur 30.000, BSH compte 14.000 locataires. Si depuis 2008 la stratégie est de développer encore davantage la politique de construction de logements neufs, passant de 150 logements en moyenne par an à plus de 350, les besoins ne sont toujours pas satisfaits. « Il manque 30.000 logements sociaux dans le Morbihan pour parvenir aux 20 % demandés par l'Etat », constate Erwan Robert, directeur général de BSH depuis fin mars, précédemment directeur de l'aménagement et de l'économie au conseil général. « Au total, il en sort de terre 1.000 chaque année. » Pas de quoi répondre aux 6.000 personnes présentes en permanence sur liste d'attente.




Poursuite des investissements

« Alors que la crise économique touchait le secteur du bâtiment depuis deux ans, nous avons décidé dès 2010 de maintenir l'investissement public », explique Yves Bleunven, président de BSH et vice-président du conseil général. Pour lui, cette stratégie est presque un acte citoyen. Si l'agroalimentaire a fait parler d'elle avec près de 800 emplois supprimés chez Doux dans le Morbihan, la Capeb a annoncé la suppression d'autant d'emplois dans le bâtiment. « Le bâtiment vit au gré des cycles économiques. Les collectivités doivent maintenir leurs investissements si l'on veut pouvoir garder un outil de production à la hauteur », précise Yves Bleunven. D'autant plus quand le challenge de la rénovation pointe.




Flambée des coûts de construction

Certains opérateurs privés se sont focalisés sur la réhabilitation, délaissant le neuf. « Nous avons fait le choix de continuer les deux », assure Yves Bleunven. La réhabilitation de certains quartiers d'Auray et Lanester arrive alors en phase active. Au même moment, les coûts de construction flambent. Affichant ainsi 48 % d'augmentation, hors foncier. « La réglementation thermique 2012 pèse sur les coûts de construction », précise Yves Bleunven. Et le foncier poursuit son ascencion. Dans le même temps, les subventions qui jusqu'ici permettaient de financer une partie du logement social, se réduisent comme peau de chagrin. Pour BSH, il est urgent d'augmenter les fonds propres pour ne pas diminuer trop sa capacité d'emprunt. « En 2004, il nous fallait 1,5 million d'euros de fonds propres pour construire 150 logements », calcule Yves Bleunven. « En 2008, les besoins sont passés à 7,4 millions d'euros ! » Une somme abondée par le conseil général sous forme d'avance remboursable. « Qui le sera en 2016 », ajoute Erwan Robert. Si BSH tient à expliquer toute sa stratégie, c'est pour répondre aux accusations formulées par la voix du rapport Miilos (mission interministérielle d'inspection du logement social), et reprises par le groupe d'opposition au conseil général.




Une marge multipliée par deux

Certes, entre 2004 et 2009, les comptes de BSH, loin d'être négatifs, n'étaient pas au meilleur de leur forme. Depuis, le résultat net de l'exercice a fortement progressé. Il est en 2012 à 5,8 millions d'euros et devrait être à 4,4 millions d'euros en 2013 pour un résultat d'exploitation de 2,6 millions d'euros. BSH, avec un actif valorisé à 580 millions d'euros, affiche un endettement de 398 millions d'euros. Quant à la marge réalisée sur la vente de logements anciens, elle a été multipliée par deux depuis 2009 et atteind en 2013 près de 3.148 millions d'euros pour 73 logements vendus (quand la moyenne était de 40 par an entre 2004 et 2009). « C'est fini la gestion de l'habitat social à l'ancienne », indique Erwan Robert. Depuis que l'office public des HLM est devenu un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), la logique économique est celle d'un industriel. « Certes, l'objet de l'entreprise est de construire du logement social », explique Yves Bleunven. « Mais cette mission doit être menée comme dans une entreprise. » Ici, la performance économique est au service de la rentabilité. « Chaque bénéfice réalisé est aussitôt réinvesti dans la construction ou l'entretien », précise Erwan Robert. « Les résultats ne partent pas en dividendes à des actionnaires ou des fonds de pension ! », insiste Yves Bleunven.

Bretagne Sud Habitat



(Vannes) Président : Yves Bleunven Effectif : 196 personnes Chiffre d'affaires 2012 : 53 millions d'euros Tél. : 02 97 43 82 00.

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