Bitstack s’exporte dans une dizaine de pays et lance une carte Visa
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Bitstack s’exporte dans une dizaine de pays et lance une carte Visa

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Après avoir levé 15 millions de dollars fin 2025, l’application d’épargne en bitcoins Bitstack, du nom de la société créée à Meyreuil en 2021, se développe. En Europe, où elle est désormais disponible dans une dizaine de pays, mais aussi sur le marché de l’épargne, où elle propose de nouveaux services : un compte en euros avec IBAN français et une carte de débit.

Kabir Sethi et Alexandre Roubaud ont fondé la société Bitstack à Meyreuil en 2021. L’application d’épargne en bitcoins du même nom existe depuis 2022 — Photo : cyril Bruneau

Grâce aux 15 millions de dollars levés fin 2025 (environ 13 millions d'euros), l’application d’épargne en bitcoins Bitstack (30 collaborateurs ; CA : NC), dont le siège est à Meyreuil, près d’Aix-en-Provence, démarre 2026 avec des changements de taille. Elle est désormais accessible dans une dizaine de pays européens dont l’Allemagne, les Pays Bas, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Et lance de nouveaux services : un compte en euros avec IBAN français, mais aussi, depuis le 13 janvier, une carte Visa de débit.

Encore en phase de test, elle a été réservée aux 5 000 premiers à s’être manifestés. Le compte permet par exemple de convertir une partie ou la totalité d’un salaire en bitcoins, tandis que la carte offre la possibilité de régler ses achats directement et de recevoir un "backstack" c’est-à-dire une récompense en bitcoins.

Favoriser l’épargne et protéger le pouvoir d’achat

"On passe d’une application à une plateforme financière plus large pour renforcer notre mission centrale : favoriser l’épargne en bitcoins et protéger le pouvoir d’achat", résume Alexandre Roubaud, cofondateur de la société avec Kabir Sethi en 2021. "Sur les dernières années, dans la zone euro, l’érosion du pouvoir d’achat approchait les 25 % cumulés. Avec l’inflation, beaucoup de gens perdent confiance dans le système, tandis que le bitcoin se démocratise. Deux tiers de nos clients en achètent pour la première fois grâce à notre application. Plus de 85 % veulent les conserver plus de trois ans. Plus de 50 % plus de dix ans. Et environ les deux tiers concentrent plus de 10 % de leur épargne sur le bitcoin."

Un système de micro-épargne boosté

Jusque-là, grâce au fameux système d’arrondi à l’euro supérieur mis en place à chaque achat par Bitstack, l’utilisateur épargnait la différence en bitcoins, en couplant une carte bancaire à l’application. Désormais, il n’a plus à associer de carte puisqu’il a une carte spécifique et en plus de cette micro-épargne, il peut recevoir jusqu’à 1 % des sommes mises de côté en bitcoins, sans plafond. Plus il épargne, plus le taux grimpe. Quant à Bitstack, il se rémunère en percevant 1,49 % sur les ordres d’achat ou de vente, voire moins puisque le taux est dégressif en fonction de l’épargne.

Un chiffre d’affaires multiplié par 10 en deux ans

Un modèle efficace puisque Bitstack dispose aujourd’hui d’un bureau à Paris, va poursuivre son développement et passer de 30 collaborateurs en 2025 à 50 d’ici la fin 2026. La start-up est, d’après Alexandre Roubaud, "l’application française de cryptomonnaie la plus utilisée et nous souhaitons devenir un leader européen, voire plus. On compte aujourd’hui plus de 300 000 clients, représentant plus de 300 millions d’euros d’épargne. Et notre chiffre d’affaires a été multiplié par 10 en deux ans". La performance est revendiquée mais le montant reste secret.

Un nouveau fonds et des investisseurs historiques

De même que la répartition du capital, avant comme après la dernière levée de fonds. Quatrième de leur jeune histoire, c’est aussi la plus importante. Elle a été menée par le fonds londonien spécialisé dans la fintech 13books Capital, seul entrant, et inclut les investisseurs historiques, Plug and Play Ventures, Serena, Stillmark et Y Combinator, ainsi qu’AG2R La Mondiale. "La plupart doublent leur mise en réinvestissant lors de cette série A", concède Alexandre Roubaud, qui assure que "tous nos investisseurs sont toujours actionnaires".

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