1,3 million d'euros. C'est le montant des investissements réalisés par Bigallet en 2013 et 2014, pour la refonte de son process de production, l'aménagement d'un nouveau magasin et la création d'une galerie sur site, ouverte au public. Son ambition est double : intensifier la diffusion de produits authentiques auprès de la clientèle des cafés-hôtels-restaurants, et conforter un référencement national, dans les linéaires des jardineries et auprès des comités d'entreprises.
Comment ? D'abord en surfant sur l'histoire des liqueurs et sirops Bigallet. Depuis 1885, à Virieu-sur-Bourbre dans le Nord Isère, berceau de la famille Bigallet, ce savoir-faire de liquoriste-distillateur a permis de décliner un vaste assortiment de sirops, apéritifs, crèmes et liqueurs auprès d'une clientèle basée dans le grand quart Sud/Est de la France : les cafés-hôtels-restaurants (CHR), qui représentent 40 % des ventes en volume, ainsi que les magasins de proximité, les caves et les épiceries fines, pour un CA de 6,3 millions d'euros en 2013 dont 5 à 6 % de résultat net.
Aujourd'hui, l'entreprise génère chaque année plus d'un million de litres de sirops traditionnels, quelque 100.000 bouteilles de sirops bio, et 500.000 bouteilles d'alcools à base de plantes alpestres, tel le genépi, des crèmes et des vins aromatisés. Porté par la croissance de ses parts de marché en volume de 3 % en 2014, Bigallet voit plus grand, tablant sur 4 à 5 % en 2015... si la météo joue le jeu.
Investir demain
« Notre réflexion amont s'est portée sur le potentiel de développement de la société, note Gérard Boiton, directeur général adjoint, qui pilote l'entreprise. Ces investissements mesurés, au regard de nos fonds propres, ont consisté à rationaliser la production, sécuriser les postes de travail et optimiser les coûts. » Avec un effectif total de 30 salariés, dont 7 commerciaux exclusifs, la société par actions simplifiées (SAS), est entrée en 2010 dans le giron du groupe familial angevin Giffard, présidé par Bruno Giffard, également président de Bigallet. Depuis lors, les deux entités, aux activités complémentaires (l'une sur le marché des cocktails ; l'autre sur le marché des sirops) font jouer les synergies, tant pour l'élaboration de nouveaux produits que pour la commercialisation à l'international. C'est ainsi que Bigallet a récemment profité de la force de frappe commerciale du groupe Giffard pour pénétrer le marché américain, avec son cocktail de liqueur à l'orange amère, China-China.
Consolider l'axe tradition
L'authenticité des formules de sirops et de liqueurs reste un atout stratégique de développement pour l'entreprise, tout autant que sa relation entretenue avec le commerce de proximité. « Notre ambition est de préserver notre fonds de commerce traditionnel. Nos sirops, pasteurisés sont garantis sans conservateurs, et 95 % de notre production est élaborée sans colorant, ou avec des colorants naturels. Seule une infime partie d'irréductibles perdure, mais peut-être seront-ils supprimés à terme, souligne Gérard Boiton. Car, chercher n'est pas forcément trouver... », confie-t-il. De fait, la cellule de R & D, intégrée au site de production et pilotée par Bruno Giffard, directeur de la production (et frère d'Olivier), planche inlassablement sur de nouveaux produits, tel ce sirop de châtaignes d'Ardèche, doté d'une AOP et, depuis 1998, sur une gamme pionnière sur le marché français de sirops bio. L'objectif de Bigallet est aujourd'hui d'élargir son rayon d'action en France, via le référencement de la marque dans les linéaires de produits régionaux des jardineries. Enfin, dernière cible d'élection, le marché des comités d'entreprises. C'est ainsi que 500 entreprises ont été séduites en 3 ans, et Bigallet escompte bien en toucher une centaine de plus, chaque année, à échéance de 3 à 5 ans.