Biens d'équipement : UMP Raflatac un numéro1 en restructuration
# Conjoncture

Biens d'équipement : UMP Raflatac un numéro1 en restructuration

La catégorie des biens d'équipement regroupe une multitude d'activités: transformateurs du bois, producteurs de matériels électroniques, de l'industrie textile, cristalleries... Ces secteurs sont plus ou moins touchés par la conjoncture. Les scieries, par exemple, traversent une passe délicate. Le placement en redressement judiciaire des scieries réunies d'Abreschviller (57) est un événement fort. En Meurthe-et-Moselle, le premier du Top 20, UMP Raflatac, vient d'annoncer un plan de licenciement de 99salariés, sur 280. Si le producteur d'étiquettes est profitable, il subit le contrecoup de la brusque baisse de la demande depuis le début de l'été. En 2007, alors que l'activité croissait de plus de 10% depuis plusieurs années, le groupe auquel le site installé au parc Eiffel énergie appartient, décidait la construction d'une usine ultramoderne en Pologne. Il anticipait alors une insuffisance de capacité qui devait intervenir courant 2009. Las, la crise entraînait plutôt une surcapacité, au moment même où l'usine polonaise était livrée.




Effet ciseau de 20%

«L'investissement avait été fait pour la croissance. Aujourd'hui, la surcapacité atteint près de 50% pour l'ensemble de la division, explique Marc de Saint-Pol, directeur de la division Produits spéciaux du groupe depuis septembre. On subit un effet de ciseau terrible: on était sur une croissance de 15% et au troisième trimestre, on est passé à -4,5%.» Après avoir envisagé la fermeture du site (en balance avec celui de Düsseldorf, finalement fermé), c'est un autre scénario qui devrait finalement prévaloir, avec l'arrêt de la production des jumbos (rouleaux de papier) d'étiquettes standard, destinées au marché de l'alimentaire et de leur découpe, diminuant de moitié cette dernière activité dans l'usine lorraine.




Bataille perdue

«La bataille des produits standard est perdue. Nos coûts de production sont beaucoup plus élevés que celui des sites anglais, finlandais ou, plus encore, de la nouvelle unité polonaise. La décision a été prise d'affecter les volumes sur les machines les plus performantes.» Celle fonctionnant à Pompey date d'une quinzaine d'années et devait être remplacée dans les trois ans. En revanche, le site devrait développer les produits spéciaux (étiquettes exigeant des caractéristiques particulières comme la résistance aux intempéries ou à l'eau) et en assurer la découpe pour le marché français. Le plan de réduction des coûts du groupe finlandais (fixé à 25M€ d'économie) entraîne également la fermeture d'un site de production en Angleterre et de trois sites de découpe en Pologne, Hongrie et Allemagne. «Ce n'est pas facile de supprimer des postes, confie Marc de Saint-Pol, mais il nous faut préserver notre santé financière. Perdre de l'argent n'est pas acceptable, ni tenable.»

# Conjoncture