Créée en 1966, l'entreprise Blanchisserie Industrielle du Centre (BIC) est spécialisée dans la transformation de déchets textile en chiffon d'essuyage et dans le négoce de produits liés à l'environnement de l'essuyage (bobines papier, absorbeurs, savons...). Depuis sa reprise en 2005 par Michel Keykayas, la PME de Saint-Chamond n'a cessé de chercher de nouvelles pistes de croissance. Après la norme ISO 9001 en 2003, BIC a obtenu l'ISO 14001 en 2007. «J'ai cherché à donner un côté plus environnemental et à diversifier les activités. Jusqu'en 2004, BIC était essentiellement tournée vers l'industrie. À partir de 2005, nous nous sommes orientés vers les grandes surfaces de bricolage (GSB) et le recyclage avec la fourniture et la reprise des essuyages après utilisation. D'où l'importance des certifications», explique Michel Keykayas. Aujourd'hui confrontée à l'effondrement du marché du chiffon, BIC projette de se tourner vers une nouvelle diversification: la transformation de textile. «Notre projet vise à l'élaboration d'un nouveau produit isolant issu de textiles d'habillement recyclés», confie Michel Keykayas. Et d'ajouter: «On est déjà dans le recyclage, on connaît les interlocuteurs et on a la force de frappe logistique nécessaire».
Mis au point avec le concours de trois élèves ingénieurs de l'Enise, de l'ITECH et de l'école de design de la Martinière à Lyon, ce produit isolant innovant a été présenté au ministère dans le cadre de l'appel à projet ?Eco-industries, tri et recyclage ?. «On attend la réponse, mais nous sommes confiants», lance Michel Keykayas, qui parallèlement cherche des partenaires privés pour financer son projet.
«Plusieurs millions d'euros d'investissement»
Chiffré à «plusieurs millions d'euros d'investissement», ce projet qui devrait voir le jour sous un an prévoit de recycler 8.000 tonnes de vêtements grand public et professionnel par an. «À cet axe écologique s'ajoute un volet social important puisque ce projet débouchera sur la création d'une nouvelle société et de 70 emplois à terme. L'axe R&D est également important puisque des brevets sont en cours de dépôt en France», commente Michel Keykayas. Autre axe et non des moindres, la revitalisation d'une friche industrielle. Installée depuis l'année dernière sur l'ancien site Giat Industries à Saint-Chamond, BIC se verrait bien monter son projet à proximité. «On a besoin d'un bâtiment de 15.000m² minimum. Mon souhait est de faire ça ici ou dans la région, mais j'ai aussi des contacts un peu partout en France», prévient Michel Keykayas. Espérons que le départ prématuré de Raidlight de la Loire servira de jurisprudence à nos décideurs locaux.
À Saint-Chamond, BIC a mis au point un produit isolant élaboré à partir d'habits recyclés. Une innovation qui devrait déboucher sur la création d'une nouvelle société et de 70 emplois.