Bâtiment : Grands chantiers autour du logement social
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Bâtiment : Grands chantiers autour du logement social

Avec la crise de l'immobilier, les initiatives se multiplient autour du logement social. Son volume de production devrait doubler pour se porter à 1.900 unités par an dans le département d'ici à 2012.

Le logement social va-t-il être la bouée de sauvetage pour le secteur du bâtiment? Depuis quelques mois, celui-ci est touché de plein fouet par la crise. À tel point que, faute d'acheteurs, 3.000 projets de logements ont été suspendus ou stoppés ces dernières semaines dans les Pays de la Loire, selon une estimation de la Fédération régionale des promoteurs constructeurs.




Les ambitions du conseil général

Pourtant, le besoin en logements est toujours présent. «Dix à douze mille par an en Loire-Atlantique», précise Bertrand Mours, qui préside la Fédération des promoteurs constructeurs des Pays de la Loire. La demande est même particulièrement forte en matière de logements sociaux. «32.000 personnes sont sur liste d'attente en Loire-Atlantique», certifie Dominique Majou, directeur général d'Harmonie Habitat. Afin de soutenir l'offre des professionnels du bâtiment tout en répondant à la demande en habitat social, plusieurs initiatives se mettent actuellement en place. Objectif: «Construire en 2012, 1.900 logements sociaux par an», annonce René Leroux, responsable de l'habitat au conseil général de Loire-Atlantique. Voilà un sacré changement de braquet: seulement 900 logements sociaux se construisent actuellement chaque année dans le département.




Les sociétés HLM parées pour la croissance

Pour arriver à ses fins, l'institution départementale augmente son budget dédié à l'habitat (16,7M€) de 43% en 2009. Celui-ci sera réparti entre des aides aux intercommunalités dans le cadre des contrats de territoires 2009-2013 qui seront finalisés en juin ainsi que des subventions aux maîtres d'ouvrage. Le conseil général met même la main à la pâte en apportant 25M€ sur cinq ans à son bras armé en matière d'habitat, l'Opac44. De quoi aider celui-ci à construire 200 logements par an jusqu'en 2013. À l'instar de l'Opac de Loire-Atlantique, d'autres bailleurs sociaux du département se donnent actuellement les moyens de saisir les opportunités à venir. Entité du groupe Caisse des dépôts et consignations, la Samo vient ainsi d'annoncer en décembre un soutien de sa maison mère lui permettant d'investir 133M€ sur trois ans. Cela doit donner naissance à plus d'un millier de nouveaux logements sociaux dans les Pays de la Loire. De son côté, Harmonie Atlantique (ex Mutuelle Atlantique), via sa filiale Harmonie Habitat, va, elle aussi, faire sortir de terre, principalement dans l'agglomération nantaise, un autre millier de logements dans les cinq ans (lire page12).




Que va donner le plan «30.000 logements»?

À ces initiatives locales s'ajoute le dispositif «30.000 logements» annoncé par l'État à l'automne, qui vise à faire racheter par des offices HLM des logements émanant de programmes privés dont la construction n'a pas encore démarré. Dans la région, les négociations sont en cours entre promoteurs et sociétés HLM. Elles portent sur environ 800 logements en Loire-Atlantique, répartis principalement sur un axe Saint-Nazaire/Nantes/Ancenis.






Jugée par Bertrand Mours «indispensable pour les entreprises du bâtiment», l'opération «30.000 logements» est encore loin d'être un succès. Car il existe un obstacle de taille à surmonter: le prix. Pour qu'un opérateur social retombe sur ses pieds, celui-ci doit en effet se comprendre entre 1.800 et 2.000€ HT le mètre carré. Le problème, c'est que les promoteurs privés raisonnent à partir de 2.200€/m²...




Négociations serrées...

«Avec un opérateur HLM, on supprime les charges liées à la commercialisation. On cherche également à faire des économies un peu partout. Maintenant, sur certains dossiers, il y a encore trop d'écart et cela semble évident qu'on ne pourra pas s'entendre. Mais sur d'autres, on n'est pas si éloigné que cela et les premiers accords entre promoteurs et sociétés HLM devaient se concrétiser en janvier», indique Bertrand Mours. Les subventions publiques ne semblent pour l'heure pas être suffisantes pour combler les écarts de prix les plus élevés. D'autant que les aides étatiques à la pierre pour le HLM sont en baisse de 50% depuis 2003, selon l'Union sociale pour l'habitat. Pour le «30.000 logements», l'État a confié à Nantes Métropole une enveloppe de 2,2M€ pour la région. «Il aurait fallu cinq fois plus. Si nous n'avons pas un coup de pouce supplémentaire - et je crains qu'il n'y en ait pas -, je ne pense pas que l'objectif de ce dispositif puisse être atteint dans la région», soutient René Leroux. S'il faudra encore attendre février pour tirer un premier bilan de l'opération annoncée par l'État, une chose est sûre: la croissance du parc HLM va considérablement augmenter en Loire-Atlantique et ce n'est pas les professionnels du bâtiment qui s'en plaindront.

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