Aquiti Gestion (20 salariés, plus de 230 M€ d'actifs sous gestion) a récemment lancé Aquiti Venture Amorçage, un nouveau fonds dédié au financement en amorçage des start-up à impact. En quoi ce fonds est-il différent de votre activité habituelle et quels en sont les objectifs ?
Aquiti Venture Amorçage (AVA 1), dont nous avons bouclé un premier tour de financement de 30 millions d’euros en juillet, arrive en prolongement logique de l’activité d’Aquiti, qui opère à la fois dans le financement de start-up très jeunes, le capital développement dans des PME rentables et la transmission des entreprises en train de devenir des ETI. Nos tickets d’investissement habituels vont de 100 000 euros à 10 millions d’euros mais jusqu’à présent, l’amorçage et le capital venture étaient réalisés avec des petites poches d’une dizaine de millions d’euros. On pouvait monter jusqu’à un million d’euros par start-up. Grâce à ce nouveau véhicule, nous allons multiplier ça.
Ce souhait d’investir de plus gros montants correspond-il aux attentes des dirigeants locaux ? Le souhait est-il d’en toucher davantage ?
Nous sommes déjà très présents sur le capital venture (Aquiti a financé des entreprises comme Treefrog Therapeutics, Materrup ou Dioxycle).
Rentrer très tôt au capital d’une start-up permet de maximiser l’impact avec un ticket d’entrée moyen qui sera de 1,5 à 2 millions d’euros. L’objectif est d’avoir un portefeuille très concentré, 25 à 30 sociétés maximum, réunies autour d’une équipe de 5 personnes dédiée au capital venture.
Nous voulons aussi nous doter de la capacité de réinvestir proactivement plusieurs millions d’euros sur les projets les plus prometteurs et d’accélérer la formation des tours de financement. Nous espérons pouvoir mener les tours de table. Sans pour autant avoir l’ambition de devenir majoritaires, nous visons une détention de 10 à 20 % des parts à l’issue du tour d’amorçage pour occuper une place importante et active.
Quel type de start-up cherchez-vous et quels critères utiliserez-vous pour les sélectionner ?
Nous allons investir majoritairement dans des entreprises à impact, à 70 % au moins dans des sociétés opérant dans les secteurs de l’environnement (décarbonation, transition énergétique, préservation de la biodiversité et de l’eau) et de la santé (soin au sens large). On se cale sur les objectifs de développement durable d’un guide de l’ONU en priorisant 5 objectifs sur les 20 listés. Au moment de chaque investissement, on regardera si l’entreprise a bien un lien fort dans son activité avec l’un de ces 5 objectifs. Ce sera audité par un tiers externe et nous travaillerons aussi avec les entrepreneurs sur l’élaboration de critères impact quantitatif à long terme.
Une partie importante de l’intéressement de l’équipe dépend aussi de l’atteinte de ces objectifs par les entreprises.
Les entreprises de la deeptech font partie des forces régionales, nous voulons capitaliser là-dessus. Cette coloration prioritaire, moins numérique, est assumée et ciblée.
Aquiti Venture Amorçage vise 60 millions d’euros. Qui participe et quel est le calendrier à venir ?
Nous avons bénéficié du soutien de la région Nouvelle-Aquitaine, de Bpifrance via le programme FNA 3 (Fonds national d’amorçage) et de Crédit Mutuel Arkéa, l’un des souscripteurs historiques d’Aquiti. Le reste est réuni auprès d’acteurs bancaires, de mutualistes, de collectivités locales, d’un business angel et de l’équipe d’Aquiti elle-même qui investit à hauteur de 1 % du fond.
Le premier closing a ouvert la période de souscription. En général, les fonds se donnent entre 12 et 18 mois pour atteindre leur objectif final. Nous pensons pouvoir atteindre 60 millions d’euros d’ici juillet 2025.