Automobile : «Vers du flux tendu»
# Industrie

Automobile : «Vers du flux tendu»

La crise a de fortes répercussions sur les constructeurs et équipementiers. Chez les distributeurs, l'heure n'est pas au catastrophisme.

«De janvier à septembre, nous avons enregistré une hausse de 5,80% du nombre d'immatriculations des véhicules de tourisme et de 7,08% pour les utilitaires», lance Grégoire Mermet, délégué 54 du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA). «Il y a eu un effet Mondial de l'auto. Nos ventes ont été boostées.» S'ajoute à cela la mise en place du système de bonus-malus. «Ce système donne une apparence de bonne santé du marché. Mais j'y mettrais trois bémols.» Le bonus-malus a surtout fait progresser les ventes des voitures les plus petites (citadines, compacts...). «Ce sont les ventes où nous faisons le moins de marge. En fait, on fait du volume, mais pas énormément de bénéfices.» «De plus, le bonus déstabilise le marché de l'occasion. On observe une nette baisse sur les voitures d'occasion récentes.» Enfin, le malus a donné un coup de frein à la vente de certains véhicules. «C'était prévu, mais le souci c'est que nous n'avons eu qu'un mois pour nous préparer. La mesure a été annoncée le 5décembre 2007 pour une mise en oeuvre en janvier2008.»




Production ralentie

Depuis cet été, les concessionnaires ressentent un ralentissement chez les fabricants. «Les gens attendent avant d'acheter. D'autant plus qu'il y a de nouvelles gammes et que nous sommes en fin d'année.» Ce qui permet des prix plus attractifs. «Il y a encore du stock chez les constructeurs et les concessionnaires. Le risque est que les groupes imposent leurs voitures dans leurs réseaux.» Ce qui pénaliserait l'encourt 2009 des concessionnaires. Et qui dit production réduite, dit travail en flux tendu. «Nous devrions y être en début d'année.Le consommateur est vraiment en position de force. C'est maintenant qu'il doit acheter. Mais il est vrai que, depuis deux ans, nous observons des problèmes de financement.» Problème qui concerne également les garagistes où «une personne sur deux qui a des réparations à faire, puise dans ses économies ou prend un crédit». Et essaie de plus en plus de négocier le tarif des interventions. «Pour l'instant, il n'y a pas de chômage technique dans l'après-vente. Mais ces professionnels n'ont plus que huit jours de travail devant eux, contre quinze avant.Et il y a de plus en plus d'incidents de paiement.»

# Industrie