Une start-up parisienne vient chasser sur les terres d'Europcar Atlantique. La PME nantaise a créé il y a cinq ans le service d'auto-partage nantais Marguerite. Koolicar propose désormais, elle aussi, aux Nantais des voitures en libre-service, 24 heures sur 24, pour une heure ou pour plusieurs jours.
La PME vs la start-up
Koolicar et Marguerite présentent deux profils radicalement différents. Derrière Marguerite, il y a Europcar Atlantique, la franchise nantaise d'Europcar. Dirigée par Tony Lesaffre et Denis Maure, cette PME emploie 235 salariés et réalise 40 millions d'euros de chiffre d'affaires, principalement via des prestations classiques de location de véhicules, c'est-à-dire en agences traditionnelles. Koolicar, elle, ne fait que de la location de voitures nouvelle génération. Pas d'agence, tout se passe sur internet pour cette start-up de 18 salariés, créée par Stéphane Savouré en 2011. L'entrepreneur parisien est soutenu depuis quelques mois par la Maif, l'assureur ayant pris une participation minoritaire au capital moyennant 2,6 millions d'euros.
À qui sont les voitures ?
Le modèle d'Europcar Atlantique, c'est celui de l'Autolib de Bolloré à Paris. Le loueur dispatche ses voitures dans des stations clairement identifiées sur la voie publique. L'utilisateur paye son inscription au service, puis à chaque fois qu'il utilise une voiture. La grande différence, c'est que Koolicar n'a pas une seule voiture à elle en stock. L'entreprise ne fait que mettre en relation les particuliers entre eux, via une plate-forme web. D'un côté, les propriétaires indiquent quand leur voiture est libre à la location. De l'autre, les loueurs font leurs emplettes. Outre cette plate-forme de mise en relation, Koolicar a également développé des outils visant à faciliter la location. La PME installe ainsi dans chaque voiture un boîtier qui permet de géolocaliser les véhicules disponibles et de déclencher le processus de location et de paiement. Elle équipe aussi les voitures d'un lecteur de badge permettant au locataire d'entrer dans la voiture sans en avoir la clé. Koolicar prélève une commission (30 % du prix de la location calculée en fonction du temps d'utilisation et du kilométrage), l'essentiel de la somme étant versée au propriétaire du véhicule.
Les forces en présence
Marguerite, c'est aujourd'hui 35 voitures, plutôt situées dans le centre-ville de Nantes. Tony Lesaffre revendique 150 utilisations par semaine. Koolicar vient d'équiper une dizaine de véhicules. Pour son arrivée à Nantes, la PME ne s'est pas appuyée sur des voitures de particuliers mais sur les berlines de la société de transport herblinoise Titi Floris. À terme, Stéphane Savouré projette d'équiper 50 voitures à Nantes. Il en propose aujourd'hui une centaine, à Bordeaux, Cannes et en région parisienne.
Les freins
Pour les deux entreprises, l'ennemi c'est avant tout le poids de l'habitude qui fait que les Nantais utilisent d'abord leur propre voiture. Mais « c'est un produit qui est en voie de vulgarisation. Certains de nos abonnés ont par exemple vendu la deuxième voiture du foyer », positive Tony Lesaffre. En termes d'amortissement, Koolicar a l'avantage sur Europcar car la start-up parisienne n'a que l'équipement des véhicules à financer. Par contre, « le stationnement, notamment dans les zones payantes du centre-ville peut être un frein », reconnaît Stéphane Savouré. Une problématique que n'a pas Marguerite, dont les aires de stationnement sont gracieusement mises à disposition par la Ville.
Le défi de la rentabilité
C'est le grand enjeu des services d'auto-partage, à Nantes, comme partout ailleurs dans le monde. Cinq ans après son lancement, Marguerite n'est pas encore rentable. « Il nous faudrait un millier d'abonnés. Nous en avons aujourd'hui 800 », confie Tony Lesaffre. De son côté, le dirigeant de Koolicar estime que Koolicar est économiquement viable si chacun de ses véhicules est loué entre 30 et 50 heures par mois.
Location de voitures Le Parisien Koolicar vient de lancer un service d'auto-partage à Nantes. Des voitures en libre-service, il en existe déjà depuis cinq ans dans la cité des ducs, les Marguerite d'Europcar Atlantique. Un même concept, mais deux modèles économiques différents, en quête de rentabilité.