Auberge de Ruillé : Trop branchée pour la campagne ?
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Auberge de Ruillé : Trop branchée pour la campagne ?

En février2008, la mairie de Ruillé-en-Champagne lançait un projet municipal original pour lutter contre la désertification des campagnes, avec l'ouverture d'un lieu de vie branché comprenant hôtel, cybercafé, librairie et restaurant.

Las. Un an plus tard, le constat est amer pour les gérants du lieu, Alain et Christine Grizard. «Notre taux de fréquentation est extrêmement faible, nos trois chambres avec chauffage géothermique et ADSL sont vides, et pas une seule connexion n'a eu lieu dans le cybercafé désert», regrette Alain Grizard qui reproche à la mairie de n'avoir fait aucune étude de marché préalable pour établir la nécessité et l'attractivité d'un tel lieu, «en pleine campagne». Du côté de la mairie, Françoise Lebrun, maire de Ruillé en Champagne, reste persuadée du potentiel de cet établissement, situé entre deux sorties d'autoroutes et au coeur de la station verte de la Petite Charnie, et reproche aux gérants «de ne pas avoir suffisamment communiquer, comme ce qui avait été convenu au départ».




300 K€ de subventions

La ville avait investi 500 000 euros pour la réhabilitation du bâtiment et perçu près de 300 000 euros de subventions européennes et locales (cf. Le journal des entreprises, mars2008). Les gérants devaient verser un loyer de 800euros par mois, somme dont ils ne s'acquittent plus depuis quelque temps, n'ayant ni rentrées ni recettes. «Nous avons mis toutes nos économies dans ce projet qui n'aura jamais su trouver son public», concluent les gérants, découragés par le manque de soutien et les charges en tout genre. La mairie quant à elle souhaite mettre en application la clause résiliatoire de contrat pour impayé de loyer. Fin de l'aventure pour le couple rennais.

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