Didier Bernardeau, pourquoi choisissez-vous de vous installer sur la base de Francazal à Toulouse?
«On ne peut pas être partout. Louer à l'État ou aux collectivités des bâtiments qui sont sur des aéroports coûte de l'argent. Je n'ai pas intérêt à garder trois sites. D'autant que les marchés sont difficiles et les marges moins importantes qu'avant. Nous devons nous concentrer. Toulouse possède un excellent emplacement dans un tissu industriel aéronautique très large, plus qu'à Nantes, où Airbus est spécialisé dans les aérostructures.
Quelles surfaces avez-vous réservées?
«J'ai signé une autorisation d'occupation temporaire le premier juin pour deux hangars de 5.000m² chacun, plus 3.000m² de bureaux et d'ateliers. Étant le premier, j'ai pu choisir les bâtiments les plus opérationnels.
Quel investissement prévoyez-vous?
«Je ne souhaite pas donner de montant, mais les travaux ne sont pas trop importants.
Quand démarrez-vous l'activité?
«Je veux commencer très vite. Le premier avion en maintenance devrait arriver courant septembre.
Le projet d'implantation des studios de cinéma Raleigh vous gêne t-il?
«Pas du tout. Il y a de la place pour tout le monde. Et puis, j'attends de voir que ce projet se concrétise...
Vous quitterez donc totalement Saint-Brieuc et Nantes-Bouguenais?
«Oui. L'objectif est qu'à l'été 2012 au plus tard, tout soit à Toulouse. C'est une question de performance opérationnelle.
Vous employez 54 personnes à Nantes et 25 à Saint-Brieuc. Vous suivent-elles à Toulouse?
«Nous sommes en discussions. Je dois faire beaucoup de communication. Mais ce n'est pas facile de faire bouger les Bretons! J'espère arriver à ce que 50% du personnel vienne à Toulouse, en particulier les meilleurs techniciens.
Avez-vous reçu des offres pour vous retenir?
«J'ai bien eu des propositions à Saint-Brieuc, mais l'environnement industriel n'est pas comparable à Toulouse. À Nantes j'ai eu l'impression que les gens concernés n'étaient pas là...
Vous recevez des aides pour votre implantation à Toulouse?
«Je ne solidifie jamais de business plan en fonction des aides. Si, subsidiairement, j'en reçois, tant mieux.
Les banques vous soutiennent?
«Oui. D'ailleurs, je tiens à dire que j'ai toujours eu un suivi très dynamique de la part de l'équipe Oséo de Nantes qui m'a apporté des appuis et des garanties très utiles.
Quelles sont vos prévisions de développement?
«L'objectif est de passer de 12 à 25millions d'euros de chiffre d'affaires et de 79 à 150 salariés dans les trois ans.
Quel est le métier d'Atlantic Air Industries et quels sont vos clients?
«Nous sommes spécialisés dans la maintenance et la réparation aéronautique. Nous intégrons également des systèmes, par exemple des systèmes de surveillance pour les Douanes, et faisons de la formation. Nos clients sont les compagnies de transport régional, d'aviation d'affaires, les constructeurs.
La concurrence est-elle rude dans votre secteur?
«Nous sommes présents essentiellement en Europe et en Afrique où nous avons une filiale au Maroc. Notre concurrence est européenne et mondiale, comme notre marché. Nous avons face à nous des gens comme Sabena Technics, Latécoère, mais aussi les services maintenance des compagnies aériennes. Les pays anglo-saxons sont très concurrentiels ainsi que les pays de l'Est, sur un métier où la part de la main d'oeuvre est importante.»
Maintenance aéronautique P-dg d'Atlantic Air Industries, Didier Bernardeau souhaite concentrer son activité à Toulouse en quittant Nantes et Saint-Brieuc.