Vous rentrez du salon du chocolat où vous avez réalisé cette année une robe portée par Mia Frye. À cette occasion, vous avez pu partager avec vos pairs. Pouvez-vous nous dire si votre profession est touchée par la crise?
Arrêtez de nous parler de la crise! À force d'entendre toute la journée des commentaires pessimistes, on finit par croire que ça nous concerne alors que je n'ai jamais fait d'aussi bonnes ventes que cette année au salon du chocolat! De plus, le métier de chocolatier étant encore assez récent, nous n'avons que peu de recul par rapport à l'impact d'une récession sur notre profession. Mais, pour le moment, les clients sont toujours là et continuent de consommer des chocolats et de la pâtisserie. Sans doute une envie de douceur dans un contexte morose!
Peut-être est-ce dû aussi à la période de fin d'année?
En effet, le mois de décembre est notre plus gros mois de l'année. Nous y réalisons 35% de notre chiffre d'affaires annuel, et ce, essentiellement par la vente en boutique. Aussi, à partir du 5décembre, toute mon équipe arrête la production pour se consacrer exclusivement au conditionnement. Car ce sont près de 6.000 ballotins, 1.800 boîtes de chocolats et 2.000 boîtes de macarons qui seront vendus au magasin, sans parler de la vente au détail!
Dans cette perspective de "rush" faites-vous appel à des intérimaires?
Non, je n'ai pas cette démarche-là. Je préfère avoir à l'année tous mes salariés, qui sont ainsi bien impliqués et surtout très professionnels. Je peux compter sur eux dans ces moments plus chargés, et travailler avec eux sur de nouvelles recettes dans les périodes plus calmes. J'aime que les gens se sentent impliqués, j'ai d'ailleurs mis en place un système d'intéressement pour mes salariés.
Vous commencez à vous développer à l'export, quels sont vos objectifs?
Il faut savoir que, pour un chocolatier, c'est assez nouveau d'exporter. Cela demande beaucoup de volonté et beaucoup de temps, notamment pour trouver des distributeurs prestigieux. Ensuite, le "made in France" fait le reste et ça marche presque à coup sûr! Pour en revenir à cette période de crise, je pense que notre force, celle de l'artisanat, est de savoir nous adapter et nous réorienter vite si nous rencontrons des difficultés. Aussi je n'ai pas d'objectifs particuliers vis-à-vis de l'export, mais je reste à l'écoute de la demande et surtout je ne transige jamais sur la qualité de ma matière première, quel que soit son coût.