Marc Jacobs
, DRH d'Armor
Pourquoi créer l'Université d'Armor?
«Nos besoins sont de quatre ordres. Il y a d'abord des besoins de formation spécifiques aux métiers de nos opérateurs. Les métiers changent, disparaissent, évoluent. L'entreprise se prépare aussi à diversifier ses activités autour du photovoltaïque. Cela ne sert à rien d'investir dans de la R & D ou dans des machines si on délaisse le facteur humain! Nous avons donc besoin d'anticiper toutes ces évolutions. Notre deuxième objectif est de répondre au besoin d'employabilité des salariés. Troisièmement, nous avons ressenti un profond besoin de reconnaissance de nos opérateurs, qui exercent des métiers pour lesquels il n'existe pas de formation. Certains n'ont pas de diplôme, d'autres ont des parcours qui ne sont pas du tout en lien avec les métiers de l'industrie. Enfin, nous souhaitons proposer à nos collaborateurs une qualification reconnue par l'État.
Comment se passe la formation?
«Nous avons créé un diplôme, qui est reconnu par l'État et qui équivaut à un CAP ou à un BEP. Il comprend, pendant trois mois, 70heures de formation, plus 14heures au titre de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Cela se passe sur le temps de travail, une journée par semaine. Les formateurs sont des collaborateurs d'Armor. Ils présentent l'entreprise et ses rouages d'une façon un peu plus approfondie que lors du parcours découverte qui suit le recrutement d'une personne. Après, il y a des modules techniques sur la robotisation, sur le process d'amélioration continue, etc. Les premiers retours sont très positifs.
Est-ce une formation obligatoire ?
«Absolument pas, c'est du volontariat. Pour l'instant, nous avons identifié quatre promotions de douze personnes. La première remise de diplômes aura lieu en juillet. Nous avons des personnes d'âges, d'expériences et de niveaux de formation très différents. Le bouche-à-oreille commençant à bien fonctionner, beaucoup de nos collaborateurs s'y intéressent.»
- TROIS QUESTIONS À