Arkema : Une deuxième tour SAP
# Industrie

Arkema : Une deuxième tour SAP

Chimie industrielle Partenaire d'Arkema, le groupe japonais Sumitomo Seika va augmenter ses capacités de production de super-absorbant polymère à Carling. Arkema conforte ainsi la pérennité du site et profite de nouveaux débouchés pour son acide acrylique.

Les bonnes nouvelles s'enchaînent pour le site Arkema de Carling. Quelques mois après avoir annoncé, fin 2010, un investissement de 40 M€ pour le remplacement d'une ligne de production et d'une chaudière, le site mosellan fait à nouveau l'objet d'un programme de développement. En effet, le groupe japonais, Sumitomo Seika a annoncé son projet de construire une deuxième tour de production de Super absorbant polymère (SAP). Le groupe japonais souhaite rester discret sur le montant de cet investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros, «entre 50 et 100», glisse néanmoins son directeur marketing pour l'Europe, Olivier Cheyrezy .




De 15.000 à 47.000 tonnes en 5 ans

«C'est un projet dont on parle depuis quelques temps», annonce pour sa part Didier Muller, directeur du site Arkema de Carling. La Moselle dispose déjà d'une première tour de production de cette matière utilisée pour la fabrication de produits d'hygiène. «Nous nous sommes positionnés comme producteur à la fin des années 1980. Nous étions un acteur modeste», raconte Didier Muller. En 2008, Arkema cède son fonds de commerce au leader mondial, Sumitomo Seika. Arkema façonne du SAP exclusivement pour le groupe japonais qui le revend sous sa propre marque. Dès 2009, Sumitomo Seika fait passer la capacité de production de Carling de 15.000 à 20.000 tonnes. La deuxième tour de production vise à atteindre une production de 47.000 tonnes. «Pour nous, c'est une excellente nouvelle, se félicite Didier Muller. Ca entre dans notre politique de confortement du site.»




Situation d'intégration

Car la fabrication de ce super absorbant nécessite de l'acide acrylique, produit phare d'Arkema. «Avoir un client et un débouché sur le site est une situation d'intégration intéressante», analyse le directeur de l'usine, qui estime avoir la capacité de répondre à la demande, l'usine ayant fait l'objet d'une grosse opération d'augmentation de capacité en 2006. «Nous ne sommes jamais à pleine capacité de production tous les jours de l'année.»




Présence sur le marché européen

La nouvelle tour devrait entrer en service au 2e trimestre 2013 et engendrer la création d'une dizaine de postes, 30 personnes étant déjà occupées par cette activité. Le recrutement démarrera mi-2012 et sera suivi d'une formation longue durée. «Pour nous, cette opération sonne comme un "retour aux sources". C'est à Sumitomo Seika que nous avions acheté le brevet lors du lancement de l'activité pour notre compte», indique Didier Muller. Pour le groupe japonais, en revanche, c'est une porte d'entrée sur le marché européen. Selon Didier Muller, «Sumitomo Seika est surtout présent en Asie, au Japon et à Singapour. Il profite de notre existence pour avoir une implantation en France.» «Les besoins de SAP en Europe sont en évolution», constate Olivier Cheyrezy, qui précise les débouchés de cette matière capable d'absorber jusqu'à 700 fois son volume d'eau. «Nous intervenons sur des marchés de niche tels l'incontinence urinaire, en progression de 5 à 7% par an, l'hygiène féminine. Nous travaillons aussi sur la câblerie industrielle marine, qui représente une part de marché non négligeable.» S'il ne se positionne pas sur le gros marché des couches culottes pour enfants où les partenariats sont bien établis, le groupe japonais envisage son développement via les marchés emérgents que constituent la Russie, l'Europe de l'Est ou l'Afrique du Nord. «Notre plan d'investissement prévoit d'augmenter les capacités de production de 100.000 tonnes d'ici à 2015. Carling constitue la première phase de ce plan et disposera des dernières avancées technologiques sur une partie de son unité de production.»

# Industrie