Non « Angers Télé n'est pas morte ». C'est ce qu'annonce Benoît Pilet, le nouveau président du conseil d'administration. L'étude Médiamétrie, commandée par la chaîne locale et qui s'est étalée de septembre 2013 à juin 2014, affiche des résultats « plutôt satisfaisants » avec un taux de notoriété qui avoisine 70 % sur l'agglo angevine et près de 51.000 téléspectateurs hebdomadaires pour une écoute moyenne de 43 minutes par jour. Sans surprise, c'est la plage horaire 19h30-20h30 qui tire l'audience avec le journal du soir, le coeur d'Angers Télé. Ces performances, proches de celles de feue Angers 7 (liquidée en mai 2010), conforte la présence de la jeune chaîne hertzienne, lancée début 2013. Et garantissent la continuité de son financement... public.
Un financement public à 90 %
Avec un budget annuel de 840.000 €, apportés à près de 90 % par les collectivités locales - 400.000 € par la ville d'Angers, 300.000 € par l'agglo et 40.000 € du conseil général du Maine-et-Loire -, la chaîne relancée sous l'impulsion de l'équipe municipale précédente pouvait avoir quelques soucis à se faire avec le changement de majorité. Il n'en est finalement rien. La ville et l'agglo ont réaffirmé leur soutien financier au média, à hauteur respectivement de 400.000 et 300.000 €. Les recettes publicitaires ont, quant à elles, atteint à peine 80 % du prévisionnel de 100.000 €. On peut s'interroger sur ce ratio 90/10 de financement public privé, peu commun dans les télés locales. En comparaison, LMTV, la télé du Mans (voir article Journal des entreprises septembre 2014) dont le budget annuel s'élève à 1 M€ avec 16 salariés (7 pour Angers Télé) affiche un ratio 50/50... « Notre objectif est de présenter un budget différent dans deux ans », avance le président. 11 nouveaux actionnaires ont fait leur entrée au capital de la SEM Angers Loire Télévisions, propriétaire d'Angers Télé, en septembre. Ils sont désormais 31 et Benoît Pilet évoque « une dizaine d'entreprises et associations qui veulent rentrer. » Le capital reste pourtant identique à 400.000 € par des cessions de parts.
TNT ou tout numérique ?
Une réflexion est en cours sur la couverture géographique de la télé angevine et son mode de diffusion. Conçue comme « un outil de rayonnement d'Angers » - le contrat passé avec les collectivités stipule que la grille de programmation doit proposer 40 % d'infos ville et 30 % pour l'agglo - la question de sa sortie de la TNT pour aller vers le tout numérique se pose aujourd'hui. « La diffusion hertzienne nous coûte 80.000 €, une somme qui pourrait servir au développement de la chaîne et à nous rendre plus visible. Mais avons-nous les capacités à être tout numérique ? », s'interroge Benoît Pilet. Le risque ? La perte des téléspectateurs installés en zones rurales. Un audit sur ce sujet est prévu dans les semaines qui viennent. Résultat mi-novembre.
Angers Télé
(Angers) Président : Benoît Pilet Budget : 840.000 € 7 salariés angers-tele.fr