Angers 7 : Après le sursis, l'attente
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Angers 7 : Après le sursis, l'attente

Placée en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, Angers 7 a évité l'écran noir. Mais sans un engagement politique d'ici au 12mai, l'étude d'éventuels dossiers de reprise par le tribunal pourrait sonner le glas de la télé locale.

Un cri de joie. Des applaudissements. Un ouf de soulagement. Chacun des 15 salariés d'Angers 7 y est allé de sa réaction à l'annonce par Maître Cao de la décision du tribunal de commerce d'Angers, le 21avril dernier, de placer la chaîne en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, suite au dépôt de bilan, le 16avril, par Sipa Ouest-France, l'actionnaire majoritaire. «Angers 7 a gagné du temps. Angers 7 va continuer», a déclaré l'avocat du personnel de la chaîne de télévision locale. Au moins jusqu'au 12mai. Ce jour-là, l'institution judiciaire examinera les éventuels dossiers de reprise.




TV Loco s'éloigne

Au moment où nous mettions sous presse, on en dénombrait seulement deux. Demain TV, un temps intéressé, est hors course, faute d'avis favorable du CSA. Celui de TV Loco, porté par Jean-Luc Nelle, s'éloigne. Comme nous l'évoquions en février, il semble qu'un partenariat avec Canal Cholet soit toujours d'actualité. Mais le dossier reste pour l'instant bien mince (reprise de quelques salariés pour conserver une fréquence), notamment sur la question du financement. C'est en partie cet engagement limité, et la volonté de recourir une nouvelle fois aux deniers publics, qui fait reculer la ville d'Angers. En deux ans, cette dernière aura perdu 3M€ entre la capitalisation et le contrat d'objectifs. Elle n'est pas prête a injecté plus de 500 K€ dans un éventuel sauvetage. La municipalité voit en effet dans le projet de TV Loco un copié-collé du modèle qui a mené Angers 7 à l'échec. Finalement, ce sont peut être les 15 salariés eux-mêmes qui parviendront à sauver leurs propres emplois. L'idée a été émise de monter une SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif), un statut qui permet à une collectivité ou une agglomération de rentrer au capital d'une entreprise privée. Le capital (500 K€) serait partagé entre collectivités (100 K€) et privé (entreprises, téléspectateurs, etc.). Le budget de fonctionnement est établi à 1,8M€ avec 200.000 € de rentrées publicitaires.




Jean-Claude Antonini en première ligne

À ce jour, le dossier devient éminent politique. Le personnel a déjà fait le tour des élus pour obtenir un éventuel engagement financier. Mais rien ne pourra se faire sans une lettre d'engagement de la Ville... «C'est entre ses mains. Si rien n'est fait, c'est réglé: Angers 7 fermera le 12mai», indique Fabrice Gasdon, délégué du personnel. Dans ce cas, la responsabilité politique de l'échec reviendra à l'équipe municipale. Jean-Claude Antonini, le maire d'Angers, se trouve donc aujourd'hui en première ligne. Le 26avril, le premier édile déclarait lors du conseil municipal: «Nous allons mettre à profit la période d'observation de six mois pour trouver un nouveau modèle économique». Mais Angers 7 ne pourra pas attendre ce délai.

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