Allimand : Dans les petits papiers des industriels
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Allimand : Dans les petits papiers des industriels

Société conceptrice de machines à papier depuis 160 ans, Allimand met l'accent sur ses activités de recherche et développement afin d'élaborer des machines de plus en plus performantes. Celles-ci sont commercialisées dans le monde entier. Tiphaine Le Roy

Depuis sa création en 1850, l'entreprise Allimand n'a pas changé de domaine d'activité, la création de machines destinées à l'industrie du papier. Développée par deux mécaniciens, les frères Antoine et Étienne Allimand, la société reste encore aujourd'hui une entreprise ?familiale?. Willy Rettmeyer reprend l'entreprise en 1946 et détient 60% du capital. Son fils, Christian Rettmeyer, prendra sa succession en 1965 et développera les activités à l'export. Franck Rettmeyer, troisième génération de cette famille d'entrepreneurs, est Président directeur général d'Allimand depuis 1997, il s'attelle en particulier à l'essor de l'activité recherche et développement. «Nous investissons 3 à 5% de notre chiffre d'affaires en recherche et développement et deux à quatre personnes travaillent en permanence sur les projets de recherche en cours», note Franck Rettmeyer. La société travaille en effet en partenariat avec des instituts de recherche grenoblois sur le papier comme Pagora, école internationale d'ingénieurs en sciences du papier, le Centre technique du papier, ou de Grenoble INP. Allimand sort une nouvelle innovation tous les deux ou trois ans.




Une activité fluctuante

En perte de vitesse en 2009, avec un chiffre d'affaires de 35M€ contre 68M€ l'année précédente, l'entreprise n'a pas échappé à la crise financière qui a émoussé son activité. Mais cela n'empêche pas le président directeur général d'Allimand d'être confiant pour la suite. «Notre activité est fluctuante car nous sommes sur de gros contrats qui courent en général sur deux ans entre la finalisation du contrat et la livraison de la machine.» Les prévisions pour 2010 sont de 50M€, «et 2011 se présente déjà très bien», selon Frank Rettmeyer. Depuis 1950, Allimand a livré 85machines à papier complètes de part le monde. Si ce nombre ne paraît pas impressionnant, la conception et la fabrication de ces machines sont relativement longues. Il faut compter 12 à 14 mois pour la mise au point d'une machine à papier de dimensions moyennes. «Entre la signature d'un contrat et la sortie de la première bobine de papier, il faut en principe compter 20 à 22 mois», note le P-dg. Pour un coût de machine oscillant généralement entre 20 et 45M€.




Améliorer les performances

Mais Allimand ne se limite pas à la conception de nouvelles machines à papier. Ces installations ayant une durée de vie moyenne de 40 à 60 ans, une grande partie de l'activité de l'entreprise est consacrée à l'amélioration de machines déjà existantes. L'activité d'Allimand est essentiellement concentrée sur la conception de machines capables de fabriquer des papiers à très forte valeur ajoutée, des papiers fins et des papiers d'emballage. L'activité de R & D permet d'améliorer la qualité des papiers et d'augmenter le rendement de machines pré-existentes (une machine produisant entre 100.000 et 300.000tonnes de papier par an). «Nous constatons une hausse du nombre de nos commandes depuis vingt ans, précise Franck Rettmeyer. Pour nous, il est important d'entretenir des liens étroits avec tous nos clients pour garder leur préférence lorsqu'ils désirent améliorer leurs machines.» L'entreprise Allimand, qui emploie 300 personnes, possède également une filiale à Angoulême (Charente), pour l'usinage des pièces les plus lourdes et volumineuses. Après fabrication des machines, sur le site de Rives, les pièces sont expédiées par bateau, puis remontées sur place, chez le client.

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