Alain Berthéas : De Ganzoni à Loire Forez

Alain Berthéas : De Ganzoni à Loire Forez

Alain Berthéas, dirigeant de Ganzoni France, a longtemps partagé son temps entre Saint-Just-Saint-Rambert et son site alsacien. Depuis un an, il a ajouté une nouvelle contrainte à son emploi du temps: celle de président de Loire Forez. Stéphanie Gallo

Il a l'image d'un homme sérieux, carré, organisé, décidé... D'un patron, doublé d'un politique, en bonne et due forme quoi... Avec tout ce que cela sous-entend comme préjugés. Cette image, il en a conscience sans que cela l'affecte outre mesure, il arrive même à en sourire parfois. «J'ai tendance à m'éparpiller, alors je cale précisément les choses pour être certain d'avancer. Quant au côté décidé, j'assume. Je sais trancher, c'est vrai. C'est amusant, les gens pensent que je suis une personne très sophistiquée. Pourtant, ma vie personnelle est très simple» assure le patron de Ganzoni France (contention médicale), à Saint-Just-Saint-Rambert, et de la communauté d'agglomération Loire Forez. Un homme très occupé donc qui parvient pourtant à se rendre disponible pour ses 3 petits-enfants, dont il affiche fièrement quelques photographies dans son bureau, emblèmes de son attachement à sa vie familiale.




À fond

«Je suis plus extravagant que ce que la plupart des gens imaginent. J'ai souvent des coups de coeur, je suis capable de faire des choses inattendues, sur un coup de tête», confie Alain Berthéas. Entre les réunions officielles et les poignées de main, il s'amuse d'ailleurs de la surprise qu'il provoque en débarquant à bord de sa Ducati. «Lorsque j'enlève le casque, c'est la stupéfaction... C'est drôle! Mais si j'y vais en moto, c'est avant tout parce que j'adore rouler. C'est une sensation dont je ne me lasse pas». Alain Berthéas va même plus loin. Il est assuré à la Mutuelle des Motards et adhère depuis très longtemps à la Fédération des motards en colère! «Je peux aller manifester avec les motards contre une injustice». Et de justifier ainsi, cette spontanéité inattendue: «Lorsque j'étais à l'école d'ingénieur, j'ai passé des tests de personnalité. On m'a indiqué que j'étais romantique, passionné et colérique. Je crois que c'est vrai. J'ai un caractère de cochon, je me suis calmé avec les années, mais je monte vite dans les tours. Quant au côté passionné, cela se mesure par le temps que je consacre aux choses qui m'intéressent. Je ne fais jamais les choses à moitié. Si je décide d'y aller, c'est à fond».




Gravir les échelons

À fond, en effet, c'est un peu comme ça qu'il a vécu toute sa carrière professionnelle, à laquelle s'ajoute, depuis 1995, un parcours politique. «J'ai grandi au milieu des métiers à tisser puisque mon père avait fondé l'entreprise Tricotage élastique du Forez. C'est une époque dont je suis nostalgique. Je me faisais disputer par mon père parce que je piquais, avec les copains, des fils de gomme pour faire des frondes...», se souvient Alain Berthéas. Après avoir un temps pensé devenir architecte, construire des ponts plus exactement, il n'échappe finalement pas à son destin et fait des études d'ingénieur textile. Il projette d'aller au Canada mais intègre finalement, dès 1980, l'entreprise familiale. «J'ai suivi des formations complémentaires et j'ai gravi les échelons petit à petit jusqu'à devenir président de la nouvelle entité formée par TEF et Ganzoni. Je n'ai aucune frustration sur ma carrière, j'ai construit beaucoup de choses, et de ponts même s'ils sont virtuels». Depuis quelques mois, Alain Berthéas a décidé de déléguer un peu plus ses attributions de chef d'entreprise afin de se consacrer plus sereinement à son poste de président de Loire Forez.