Airia : Sous le pavillon anglais de Gardner
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Airia : Sous le pavillon anglais de Gardner

Aéronautique Avec une baisse de son chiffre d'affaires de 30% en 2009, Airia ne pouvait plus faire face. Après une restructuration pour se séparer de l'activité pétrole, le groupe de mécanique de Vaulx-en-Velin a été racheté en avril par l'Anglais Gardner.

Un mariage de raison. Airia, qui a subi de plein fouet la crise en 2009, avait besoin d'un adossement industriel pour continuer ses activités de sous-traitance dans l'aéronautique. Gardner, un groupe anglais, souhaitait poser un pied en France. «Les deux parties étaient demandeuses de ce rapprochement, confirme Christian Perichon, président du groupe Airia, basé à Vaulx-en-Velin. Après un an de discussion, le closing s'est conclu fin avril.» Gardner, via son actionnaire le fonds d'investissement Better capital, a racheté 100% d'Airia.




Complémentarité commerciale et industrielle

Le groupe anglais est positionné sur les mêmes métiers qu'Airia. Le rapprochement offre des complémentarités à plusieurs niveaux. «Nous sommes complémentaires sur le plan géographique, avance Christian Perichon. Gardner souhaitait une présence en France. Il bénéficie aujourd'hui d'un groupe de 40M€ de chiffre d'affaires bien positionné sur les principaux axes dédiés à l'aéronautique en France avec les implantations d'Airia à Toulouse, avec Maz'Air et Salvaire, et à Marignane, avec Fibres de Berre et Sorop. Des synergies commerciales sont aussi à noter. Gardner est par exemple très présent auprès d'Airbus UK mais pas à Toulouse où la majorité des décisions se prend. Les filiales d'Airia à Toulouse apportent ce contact. Idem pour Eurocopter. Nous n'avons donc pas de chevauchement de clients mais bien une complémentarité. Enfin, sur le volet industriel et technologique, nos métiers d'usinage mécanique de précision, de tôlerie chaudronnerie fine, d'assemblage de sous-ensembles pour l'aéronautique s'enrichissent mutuellement. Airia travaille davantage les matériaux durs comme le titane. Gardner est expert en alliages légers comme l'aluminium. La compétence traitement de surface, sous-traitée par Airia, est intégrée chez Gardner. Nous pourrions passer par leur centre. La création d'une ligne de traitement de surface en France, pour optimiser les temps de fabrication et les délais, est en projet.»




20M€ investis en trois ans

Cette nouvelle ligne de production entrerait dans les investissements prévus sur les six sites français. «Dans les trois ans, près de 20M€ seront investis par notre actionnaire dans nos outils industriels, en ressources humaines et pour nos besoins en fonds de roulement», confirme le dirigeant français. En s'adossant à ce partenaire anglais, l'industriel a retrouvé une capacité d'investissement interne et surtout de financement de ses projets, souvent très longs dans le domaine de l'aéronautique. Il appartient désormais à un ensemble qui dispose d'une taille critique pour devenir un acteur de rang1 ou de super rang 2 dans la supply chain européenne auprès des donneurs d'ordres de l'aéronautique. Cette opération a permis de redonner un souffle nouveau à cette entreprise. Constituée à partir de 2003 par des opérations de croissance externe, elle a été dirigée jusqu'en 2009 par Jean-François Dubant. Elle était positionnée sur deux secteurs: l'aéronautique (65% de son chiffre d'affaires qui était de 62M€ en 2008 avec 550 salariés sur huit sites en France) et le pétrole (35%). «Brutalement en 2009, notre chiffre d'affaires a chuté de 30%, relate Christian Perichon. Le groupe ayant été constitué par LBO, le poids de la dette était trop important. En juillet2011, nous avons choisi de céder l'activité pétrole à des actionnaires financeurs du groupe Airia. 150 salariés répartis sur deux sites à Saint-Étienne (entreprise Mathevon), et en Tunisie (S2M), sont sortis du groupe. Nous avons bénéficié du cash de cette vente, une activité de niche qui s'autofinance, pour renforcer les fonds propres de l'activité aéronautique.» Mais ces restructurations ne sont pas suffisantes. Pour avoir une meilleure capacité de financement, le groupe de Vaulx-en-Velin est contraint de partir à la chasse au partenaire industriel. Ce sera donc Gardner. Pour l'heure, le siège reste à Vaulx-en-Velin, le site historique du groupe où se tient l'activité usinage mécanique, principalement pour son client Eurocopter. Une vingtaine de collaborateurs y travaille. Les entités lyonnaises sont Cema et S'Industries.

Airia - Gardner



(Vaulx-en-Velin - Derby) Président d'Airia: Christian Perichon Président de Better capital: Nick Sanders Chiffre d'affaires 2012 de l'ensemble: 120millions d'euros 1.300 salariés sur 14 sites @email

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