Airbus Saint-Nazaire : Un coup de vent à 11 millions d'euros
# Industrie # Investissement

Airbus Saint-Nazaire : Un coup de vent à 11 millions d'euros

Aéronautique Airbus vient de se doter d'un hall pour charger et décharger les Beluga, ces avions-cargos qui assurent la logistique entre les usines du groupe aéronautique. L'investissement de 11 millions d'euros permet à l'industriel de faire face aux caprices de la météo.

À Montoir de Bretagne, les Beluga ont désormais leur « garage ». Le lieu est à la mesure de la taille - monumentale - de ces cinq avions cargos utilisés depuis vingt ans par Airbus pour acheminer des morceaux d'avions entre ses différentes usines européennes. Mesurant 4.500 m², le hangar n'accueille que la pointe avant de ces avions-cargos. Leur volume de transport de 1.400 m³ permet d'envoyer les tronçons avant et centraux des avions fabriqués à Saint-Nazaire jusqu'à Hambourg et à Toulouse, en vue de l'assemblage final des appareils.




Le vent bloque le Béluga

Jusqu'à présent, les opérations de chargement et de déchargement des Beluga s'opéraient à même le tarmac des pistes situées au sein des usines Airbus. Cela posait un inconvénient majeur : au-delà d'un vent de 55 km/h, il n'était plus possible d'ouvrir la gigantesque porte frontale du Beluga. Du coup, dans 18 % des cas, les conditions météo rendaient impossibles la livraison, l'avion devant attendre sur la piste ou étant détourné vers une autre usine du constructeur aéronautique. « Cela a plusieurs fois généré des retards de production », rapporte Gérald Lignon, directeur de l'usine Airbus de Saint-Nazaire. Et des retards, la direction d'Airbus en veut de moins en moins à une période où le groupe accroît son rythme de production. L'avionneur européen a donc décidé de créer des halls pour réaliser les opérations de chargement et de déchargement de ses Béluga. Après Hambourg et Brême, celui de Saint-Nazaire, où le Beluga atterrit plus de 540 fois par an, vient ainsi de voir le jour. Il permet à Airbus d'assurer sa logistique en subissant des vents de près de 80 km/h. « Au-delà, la réglementation ne nous autorise pas à ouvrir les portes d'un hangar industriel », indique Gérald Lignon. Le nouveau bâtiment a nécessité un investissement de onze millions d'euros. La moitié de ce montant a permis au groupe industriel de se doter d'outillages de manutention automatisés. Du coup, en plus de pouvoir réaliser ses opérations logistiques en cas de mauvais temps, Airbus gagne une vingtaine de minutes sur les deux heures qu'il fallait pour décharger un avion. Sur le plan logistique, « on est désormais paré pour augmenter les cadences », assure Gérald Lignon. Les usines du groupe fabriquent 67 avions par mois aujourd'hui. « On veut faire six ou sept avions de plus à l'avenir », fixe le directeur de l'usine de Saint-Nazaire. Le rythme de production de l'A320 doit ainsi passer de 42 appareils par mois à 46 en 2016. Celui de l'A350 doit passer de deux avions aujourd'hui à une dizaine en 2018. Avec 5.900 appareils en commandes, Airbus présente un plan de charge de huit à neuf ans.




60 millions d'investissement en 2015

S'il se dit serein sur le plan logistique, Gérald Lignon a encore des défis à relever sur le plan industriel. Pour accompagner la montée en cadence de l'A350, le groupe prévoit ainsi 60 millions d'investissement l'an prochain dans son site nazairien, principalement dans des outillages et des cabines de peinture. Cette année, il y a déjà injecté 70 millions. À ces investissements matériels s'accompagneront de nouveaux recrutements aujourd'hui pas encore chiffrés. Le groupe a déjà fait passer ses effectifs nazairiens de 1.650 salariés en 2009 à 2.800 aujourd'hui, auxquels s'ajoute un volant de 400 intérimaires. S'il s'apprête à faire plus, le groupe aéronautique veut aussi faire à moins cher. « Il nous faut continuer à diminuer les coûts. On a plusieurs pourcents à gagner chaque année », indique Gérald Lignon. La recette ? « On travaille sur l'amélioration de la qualité et de la performance des équipes. Bien faire du premier coup permet de gagner de l'argent et d'en gagner énormément », poursuit le dirigeant nazairien. Le credo s'applique aussi aux sous-traitants qui critiquent parfois le tour de vis opéré par leur donneur d'ordres. Le dirigeant de Mesure, une PME spécialisée dans l'usinage située à Saint-Brevin-les-Pins, accuse ainsi Airbus de retards de paiement. Ce à quoi Gérald Lignon répond : « On a la conscience tranquille. On a fait beaucoup de choses pour aider cette entreprise. Airbus a fait son travail. Airbus a payé. Après je pense qu'il y a d'autres problèmes ». Pour le directeur d'Airbus, les questions de qualité sont désormais primordiales : « On devient plus exigeant vis-à-vis de nos fournisseurs, pour éviter de perdre du temps. On demande à chacun de s'améliorer. Il faut que les pièces arrivent, dans les délais et soient bien réalisées ».

Airbus Saint-Nazaire



(Montoir de Bretagne) Directeur : Gérald Lignon 2.800 salariés 02 28 54 80 00

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