Air France - Strasbourg Entzheim : À la vie, à la mort
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Air France - Strasbourg Entzheim : À la vie, à la mort

L'aéroport et la compagnie veulent maintenir les liaisons depuis Strasbourg, capitale européenne.

Quand Air France tousse, Strasbourg-Entzheim s'enrhume. Et vice-versa. Lorsque la crise économique prend le relais de l'effet TGV, la compagnie aérienne et l'aéroport continuent à souffrir. De fait, la compagnie aérienne nationale représente 85% de l'activité de l'aéroport et l'an dernier, le trafic passager entre Strasbourg et Paris a encore reculé de 15%. Les lignes transversales vers la province marquaient aussi le pas (-6,2%), victimes «d'une contraction violente du trafic affaires», selon Éric Fuchsmann, directeur régional d'Air France. Résultat: le trafic de l'aéroport est tombé à 1,11million de passagers l'an dernier. Mais Éric Fuchsmann a tenu à rassurer: «Air France s'inscrit dans une action pérenne et notre capacité à passer d'un avion de 200 à 50 places pour maintenir les dessertes nous différencie des compagnies purement opportunistes». Une attaque à peine voilée envers les low-cost qui ont choisi pour base d'autres aéroports de la région (Baden-Baden et l'Euroairport notamment). La compagnie a également annoncé l'ouverture d'une troisième fréquence quotidienne vers le hub KLM d'Amsterdam et le lancement de sa ?Nouvelle offre européenne? avec des tarifs ?premium? et ?voyageur? attractifs, visant à redynamiser une activité moyen-courrier à la peine.




Une société d'exploitation aéroportuaire

De quoi conforter les dirigeants de l'aéroport et notamment son nouveau directeur, Thomas Dubus, arrivé en début d'année. Il a pour mission de stabiliser le trafic autour de 1,1million de passagers cette année (2millions il y a 3 ans). «L'aéroport, avec 95 salariés, est désormais structuré pour cela» estime Philippe Colson, directeur général de la CCI. Il doit aussi préparer le changement de statut de l'aéroport prévu l'an prochain. Une société d'exploitation aéroportuaire (SEA) verra en effet le jour en 2011 avec des participations des collectivités dans le capital (60% État, 25% CCI et 15% conseil général et conseil régional). Avec un double avantage: celui de conforter la place de cette structure dans la problématique de l'aménagement du territoire et du service public. Et celui d'anticiper le renouvellement de la concession aéroportuaire prévu en 2016. De quoi donner une meilleure visibilité (30 à 40 ans) et allonger les délais d'amortissement des investissements, qui théoriquement ne doivent pas dépasser la date de fin de concession. Un premier pas indispensable pour enfin faire redécoller Entzheim.

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