Le groupe Air Caraïbes confirme « l'arrêt des discussions de rachat » entre sa maison mère, le groupe Dubreuil, et la compagnie aérienne Corsair, détenue par TUI. Contacté à plusieurs reprises, le groupe Vendéen ne souhaite pas s'exprimer davantage. « Nous n'avons pas prévu de revenir sur ce dossier et de nous exprimer sur ce sujet », indique Sophie Jean-Victor, qui occupe les fonctions de directrice générale. Déjà propriétaire d'Air Caraïbes, le groupe Dubreuil avait récemment annoncé vouloir racheter à 100 % Corsair International. Cette compagnie dessert, elle aussi, les Antilles avec, en plus, des liaisons vers La Réunion, l'Afrique et le Québec (Montréal). Mais a affiché ces dernières années de lourdes pertes. L'acquisition devait prendre effet d'ici le mois de juin, après avis du comité d'entreprise de Corsair et approbation des autorités de la concurrence. Le mariage aurait donné naissance à un leader régional, détenteur de plus de 50 % de parts de marchés sur les liaisons reliant la métropole aux Antilles, devant Air France. Le futur pôle aérien (830 millions d'euros de CA) devait chapeauter une flotte de 15 avions encadrés par 2.000 collaborateurs, pour un total de 2,4 millions de passagers transportés à l'année.
« Cela nous dépasse »
L'arrêt des négociations a été salué par les syndicats de Corsair, qui avaient lancé un mouvement de grève. Ils craignaient notamment le basculement prévu par le groupe Dubreuil d'une partie des effectifs chez des sous-traitants, comme les mécaniciens et les services d'assistance aéroportuaires basés à Orly. Un basculement vers un partenaire au sein duquel Dubreuil aurait pu être actionnaire ou pas. « On allait droit dans le mur. Aujourd'hui, en restant au sein du groupe TUI, on nous demande des efforts, mais on garde une certaine marge de manoeuvre pour sauver des emplois, négocier des solutions comme des départs non remplacés, etc. », commente Anne-Véronique Rosello délégué CFTC chez Corsair. La syndicaliste confie toutefois son incrédulité face à la manière dont se sont achevées les discussions avec les Vendéens. « On a jamais vu une compagnie aérienne céder après trois jours de grève... Il y a des choses qui nous dépassent. »
Air Caraïbes
Président : Marc Rochet
890 salariés 350 millions d'euros de CA
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