« Cette innovation a un gros potentiel. A terme, je veux en faire un vecteur de développement pour l’entreprise et un premier pas pour changer de modèle économique. » Pour la gérante d’Adrene, Caroline Karevski, le Dynapad, qui arrivera sur le marché à la fin de l’année, n’est pas une innovation comme une autre : « Nous allons évoluer vers un modèle tourné vers le service et nous servir de l’expérience du Dynapad comme d’un levier pour faire ressource ».
Créée en 1999 par Caroline Karevski, qui avait jusqu’alors un poste de responsable du grand export pour un groupe allemand, Adrene se présente comme une société spécialisée dans les consommables écologiques. A ses débuts, la société se développe grâce à un produit, le Sanstrap, un ruban de palettisation temporaire qui séduit les opérateurs logistiques
Caroline Karevski cultive le marché français, et réussit aussi à imposer des consommables écologiques comme l’allume feu Prométhée, un produit 100% naturel, ou encore l’Agroclean, un consommable d’hygiène pour animal, destiné à nettoyer les trayons des vaches en remplaçant les lingettes remplies de produits chimiques. « Notre positionnement est de comprendre les process de nos clients, pour ensuite leur proposer des solutions plus écologiques, plus responsables en matière de développement durable », souligne la gérante d’Adrene.
Des cadences multipliées par 4
L’entreprise réalise aujourd’hui la moitié de son chiffre d’affaires en vendant des produits de calage : « L’image qui me trottait dans la tête, c’est celle de camions remplis de vide », détaille Caroline Karevski. Pour remplacer le produit le plus utilisé sur le marché, le polystyrène, la gérante d’Adrene trouve une petite cocotte en papier, conçue en Allemagne : mais la machine allemande ne produit pas assez vite, n’est pas assez fiable pour satisfaire des clients industriels. « Le fabricant n’a pas voulu me suivre, j’ai décidé de me lancer et de fabriquer ma propre machine. »
La dirigeante d’Adrene monte alors un consortium autour du projet Dynapad, notamment composé du cabinet Evok pour le design et d’ER Ingénierie pour la conception. Un projet qui a déjà mobilisé 100.000€ pour la phase de R&D et qui devra encore trouver 150.000€ pour passer à l’industrialisation. « Nous avons réussi à multiplier les cadences de production par quatre », se félicite Caroline Karevski, qui a déjà installé un premier parc de dix anciennes machines, dans la première version, chez ses clients : « Nous restons propriétaires de la machine, et nous leur fournissons le papier recyclé », détaille la dirigeante d’Adrene. Avec trois palettes de bobines de papier, le client devient autonome pour fournir plus de 100.000 litres de particulaire, supprimant ainsi le transport de ce volume.
Travaillant en B2C, la société Adrene revendique un positionnement haut de gamme : « Je ne veux pas chercher à être la moins chère, ça ne m’intéresse tout simplement pas », sourit Caroline Karevski, qui reconnaît cependant que les cycles de décision sont longs, et qu’il faut pousser beaucoup de portes pour imposer ses produits. « L’objectif, c’est de vendre des solutions, de l’expertise, pour aller avec nos clients vers une économie de la fonctionnalité. »