ACB : 22M€ de contrats grâce au soudage innovant
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ACB : 22M€ de contrats grâce au soudage innovant

Grâce à un nouveau procédé de soudage du titane, la PME nantaise ACB vient de signer quatre contrats à l'international. À la clef, 22M€ de CA supplémentaires.

Les fruits de l'innovation promettent d'être juteux pour ACB. Positionnée auprès des industriels aéronautiques, cette entreprise nantaise spécialisée dans les techniques de formage du métal vient de mettre sur le marché un procédé innovant de soudage du titane. Ce dernier, qui permet d'assembler en un clin d'oeil deux pièces de ce métal grâce à un mouvement de friction, est couronné par un succès commercial immédiat: l'invention vient en effet de séduire quatre industriels étrangers. «Nous allons leur fournir treize machines. Parmi ces clients, il y a le motoriste Rolls Royces, qui va utiliser notre technique pour réaliser le système de propulsion du nouveau bombardier américain JSF. Ces contrats pèsent pour 22M€ qui nous seront versés sur plusieurs années», révèle Philippe Guyon, le président d'Aries, la holding nantaise qui contrôle ACB (100 salariés) et sa société soeur américaine Cyril Bath (50 salariés), basée à Charlotte.




50 M€ de CA cette année

Reprises en 2000 à Alstom par Philippe Guyon - depuis rejoint par des cadres et plusieurs investisseurs (IPO, Sodero et BNP Paribas Développement) -, les deux entités devrait dégager cette année un CA de 50M€ contre 40M€ en 2009. Porteuse pour ACB, la nouvelle méthode de soudage devrait également rejaillir sur le tissu industriel ligérien. Intervenant sur l'assemblage des machines, la PME en sous-traitera en effet près de 60% de la fabrication à ses partenaires industriels situés dans les Pays de la Loire.




La vague du composite

Reste simplement à savoir si le nouveau processus pourra confirmer son démarrage en fanfare. Philippe Guyon en est largement convaincu. «La vague des matériaux composites dans la construction aéronautique nous offre une chance extraordinaire. Que cela soit pour les structures ou pour les moteurs, ces matériaux se marient mal avec l'aluminium, qui était jusqu'alors le métal de référence du secteur. Les industriels se tournent donc aujourd'hui vers le titane, et sont à la recherche d'équipements adaptés à ce métal. Aujourd'hui, il pèse pour 90 % de notre activité», appuie le dirigeant. Finalement, un seul regret semble émerger autour de cette aventure: celui de voir Airbus être resté en position d'observateur, aussi bien sur le soutien au projet que sur son adoption. Encore loin d'être qualifiée par l'avionneur européen, l'innovation d'ACB est en revanche sur le point de l'être par son concurrent Boeing, qui l'utiliserait sur la réalisation de son 787.

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