Le Journal des Entreprises : Quels sont les « chiffres » de l'Abbaye de Fontevraud ?
Antoine Godbert : En 2016, nous avons reçu 190 000 visiteurs, c'est une fréquentation stable. Le chiffre d'affaires 2016 est de 7,5 millions d'euros (NDLR, ce chiffre concerne les trois entités gérant le site de Fontevraud : SOPRAF, CCO, Fontevraud Resort). L'Abbaye emploie une centaine de salariés, dont la moitié au sein de l'hôtel et du restaurant.
16 millions d'euros ont été investis par la Région pour la construction d'un hôtel 4 étoiles et d'un restaurant. Qu'en est-il de leur fréquentation ?
Antoine Godbert : Fontevraud L'Hôtel (54 chambres) a ouvert ses portes à l'été 2015. Nous y recevons des clients du monde entier. Nous avons une réelle volonté d'internationalisation. C'est une expérience, les clients ont libre-circulation dans l'ensemble du site. Mais il est vrai que la saison hivernale est un peu compliquée. Il faut que nous ayons un lien plus fort avec la vie culturelle à cette saison pour attirer davantage. Actuellement, on travaille pour que la troisième saison soit un vrai succès et il n'est pas exclu de confier l'exploitation à un privé. Le restaurant (70 couverts) fonctionne bien avec un nouveau chef (NDLR qui vient d'obtenir sa première étoile au Guide Michelin). Il affiche complet le samedi.
L'activité séminaire est un axe de développement important pour le site ?
Antoine Godbert : C'est une activité qui réalise une forte croissance depuis quelques années et qui a généré 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires en 2016 (20 % du CA). En 2013, nous tournions à une soixantaine d'événements professionnels. L'année dernière, nous avons accueilli 217 événements d'entreprises... pour 500 demandes ! La clientèle est issue de deux grands pôles : Paris et Nantes. Mais nous avons également des PME du territoire, de Niort, Tours, etc. Et nous essayons de faire connaître la destination à l'international. Je me suis rendu récemment à Bruxelles au bureau des Pays de la Loire pour faire la promotion de l'Abbaye. J'ai également prévu de me déplacer à Londres et Madrid puis en France, à Lyon et à Bordeaux. Début février, nous avions déjà 60 réservations...
Votre prédécesseur, David Martin, espérait atteindre 80 % de recettes propres avec ces nouveaux équipements. Où en êtes-vous ?
Antoine Godbert : En 2016, nos recettes propres (billetterie, boutique, prestations de visite, billetterie culturelle, hôtellerie, restauration, séminaires) s'élèvent à 5,315 millions d'euros, soit 71 % du chiffre d'affaires (NDLR 2,143 millions d'euros de subventions). Nous continuons à progresser sur les recettes propres, les ventes de la boutique ont augmenté de 10 % en 2016. Nous développons aussi un nouvel axe avec les mariages, nous avons huit dates en 2017 dont un mariage américain cet été, le premier ! Essayer d'augmenter la part d'autofinancement sur le site est l'un de mes objectifs. Pour cela, il faut un accroissement du nombre de visiteurs. Et pour augmenter la fréquentation, il faut une offre en face. Nous ouvrons cet été, un lieu à l'extérieur, un théâtre de verdure qui accueillera des événements, concerts ou pièces. En parallèle, nous allons démarrer les travaux d'un nouveau parking pour avoir une nouvelle entrée près des jardins.