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ment se porte 40-30, votre société de maintenance industrielle ?
Pierre Delalez : « Nous sortons de six ans de réorganisation totale. En 2007, après un cycle de vingt ans, depuis la création de 40-30 en 1987, nous avons tout remis à plat et reconstruit. Mais la crise est passée par là... Ça fait partie du développement, de l'innovation, de faire face à des imprévus. Nous avons perdu plus de 30 % de notre chiffre d'affaires depuis la crise, des clients ont disparu, certains en laissant des ardoises... Avant, nous réalisions 70 % de notre activité dans la microélectronique, maintenant c'est moins de 40 %. Nous avons réussi à maintenir notre chiffre d'affaires, mais à quel prix ! »
Votre chiffre d'affaires a tenu
le choc, mais pas votre résultat net ?
« C'est vrai, nous avons enregistré en 2013 un chiffre d'affaires de 20 M€ et un résultat négatif de 730.000 €. Que notre résultat net soit négatif de 3 % nous coûte très cher car les banques ne tiennent pas compte de l'investissement réalisé ces dernières années en autofinancement. Pourtant, une PME aux poches vides, qui se bouge, encaisse les crises et innove, c'est une start-up en puissance, l'expérience en plus ! »
D'où proviennent ces pertes ?
« Elles sont principalement dues aux investissements à Singapour. Au départ, nous y avions une filiale, puis nous avons créé une succursale pour des raisons comptables avec nos clients. Nous y avons réalisé des investissements surdimensionnés en 2010, année de pleine croissance là-bas : 1 M€ a été injecté pour de nouveaux locaux, des équipements, du personnel. Mais en mai 2011 nous avons vécu une cascade de mauvaises nouvelles. Nous avons toutefois réussi à garder l'équipe locale et visons l'équilibre sur cette zone pour 2014. Et la filiale est réactivée. »
L'international reste votre principal axe de développement ?
« Oui, une douzaine de langues sont couramment parlées chez nous ! Singapour, mais aussi la Grande Bretagne, le Maroc et la Russie sont des zones de développement pour 40-30. Nous développons également des partenariats, comme au Brésil. Et signons une convention avec l'Algérie, avec Nanolab. Nous espérons que ça débouchera sur des contrats. Nanolab est lancé depuis deux ans ; c'est une association avec Minatec et l'école Cime nanotech pour accompagner la création de laboratoires à travers le monde. »
Vous semblez serein...
« Effectivement, je le suis ! Je suis content et optimiste car nous sortons de la période de développement et d'investissements. Nous n'avons pas de visibilité, mais nous savons qu'il faut investir et innover, prendre des risques. Le boeuf est lent mais la terre est patiente... Nous avons des signes que nous avançons, même si ça ne se traduit pas encore dans les résultats. Nous restons très prudents. Mais maintenant que notre réorganisation est terminée, nous développons désormais le commercial. Une partie des effectifs a été transférée vers le commercial, le dispositif est prêt, le plan de bataille est en place. »
Quel est-il ?
« Avant, 40-30 n'avait pas de direction commerciale. Nous enregistrions des taux de croissance de 20 à 30 %, nous n'avions pas besoin de beaucoup de commerciaux. Pendant notre période de mutation, le commercial était limité, car nous étions en plein changement. Mais depuis l'été 2013, j'ai pris la fonction de directeur commercial et analysé notre fichier clients. Conclusion ? Si vous n'êtes pas sur le terrain, il n'y a pas d'évolution du chiffre d'affaires, en local comme à l'international. Même avec le plus beau produit du monde, si on ne va pas au charbon, on ne vend pas. Il faut y aller, ça finit par payer, avec de la persévérance. Dans la phase commerciale, c'est à nous d'être bons ! »
Quel est votre objectif ?
« Je veux, lorsque je quitterai 40-30, que la société soit sur les rails pour les vingt prochaines années. Je veux pouvoir me dire que la société est partie pour un cycle long, qu'elle tourne sans moi, que les jeunes sont sur la voie avec une entreprise saine qui peut se développer, se structurer. Je veux que la relève puisse créer une nouvelle histoire, le tome II de 40-30 ! »
40-30
(Seyssinet-Pariset - 38) Président : Pierre Delalez 200 personnes CA 2013 : 20 M€ 04 76 84 40 30 www.40-30.fr