2013 : Une année de contrastes
# Conjoncture

2013 : Une année de contrastes

Des créations d'entreprises qui se maintiennent mais des redressements et liquidations judiciaires qui explosent. Une filière agro/agri qui vacille et des TIC qui continuent de tirer leur épingle du jeu. Si 2013 reste une année de crise, elle est aussi celle des constrastes économiques.

Un chiffre suffit à expliquer la gravité et l'ampleur de la situation : + 129 %. Une hausse sans précédent. Celle du nombre de procédures de redressements et de liquidations judiciaires ouvertes, au cours du second semestre 2013, par les tribunaux de commerce de Saint-Brieuc et de Saint-Malo à l'encontre d'entreprises costarmoricaines (notre département ayant cette particularité de dépendre de deux juridictions).« De mémoire, je n'avais jamais vu cela, témoigne un avocat du barreau briochin. Nous sommes face à une situation inédite sur laquelle nous avons peu de prise et peu de solutions à offrir. Même des acteurs historiques, que l'on croyait insubmersibles, comme Amice-Soquet à Lanrelas, ont flanché cette année. »




L'emploi touché

Alors que les années précédentes avaient été marquées par des disparitions brutales en terme d'emplois (Céléos, Chaffoteaux-et-Maury), 2013 présente la particularité de toucher toutes les tailles d'entreprises et la plupart des secteurs d'activités. « Beaucoup de patrons ont tenu ces derniers mois en puisant dans les trésoreries, en demandant des lignes de comptes supplémentaires aux banques. Cela ne suffit plus désormais et la seule solution revient à déposer le bilan. »Un contexte économique qui a des répercussions directes sur l'emploi. Le nombre de demandeurs est en augmentation de près de 15 % sur un an. Certes, certains chercheront à se rassurer en se disant que les Côtes-d'Armor font un peu mieux dans le moins que leurs copains brétilliens, morbihannais ou finistérien mais la situation reste difficile.




Des PME innovantes

De 2013, on retient ce vacillement - inattendu ? prévisible ? - du principal pilier du modèle économique breton et costarmoricain : l'agroalimentaire. Certains appellent déjà à une réforme en profondeur. Orsec, Marshall, etc. Qu'importe son nom, un plan d'avenir de la filière est nécessaire. Personne ne dira le contraire. Reste à trouver la méthode.Et pour cela, regarder du côté de l'agro qui marche, celles de ces nombreuses PME qui ont choisi qualité et circuits maîtrisables pour se développer. À l'image de Marie Morin à Quessoy, Crêperie Jarnoux à Lamballe, I-Tek à Trémeur, Le Graët à Plélo, L'Armoricaine Laitière à Lanfains, Bio 3G à Merdrignac, elles affichent de beaux résultats financiers.




L'exemple de Lannion

Sans faire de bruit, sans marché ultra-subventionné, en conservant un actionnariat familial fort, ces petites « pépites » ont réussi à faire leur trou dans un paysage souvent ultra-concurrentiel. Sans shunter la distribution, généraliste ou spécialisée également, porte d'entrée incontournable pour atteindre une taille critique de développement, elles ont toutes fait le pari d'une croissance mesurée, menée pas à pas, autour de savoir-faire et de produit différenciant.Il est facile de transposer cette dynamique aux sociétés « TIC » du bassin de Lannion. Miné par l'explosion de la bulle dans les années 2000 - Highwave laissant des milliers de personnes sur le carreau du jour au lendemain, - le territoire a su rebondir.... Grâce, là aussi, à ces PME qui ont misé sur la qualité de leur service et de leur potentiel d'innovation. Là aussi, les exemples sont nombreux : Keopsys, Eco-compteur, Eca Faros, etc.




Cohabiter pour relancer

Le proverbe « Les petits ruisseaux font les grandes rivières » n'a jamais pris autant de sens qu'en cette année 2013. Alors, certes, le chemin risque d'être long tant la relance économique semble encore lointaine. De mauvaises langues diront qu'une économie faite d'une kyrielle de PME n'a jamais permis l'emploi massif comme le font les mastodontes actuellement chancelants de l'agroalimentaire breton.Mais la cohabitation constructive est possible. Orange, et dans une moindre mesure, Alcatel, jouent le jeu dans le Trégor. Cooperl, Kermené ou Le Gouessant semblent avoir pris la mesure des enjeux. Une piste sans doute pour gommer ces contrastes qui font du mal à tous.

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