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Formation

Interview Frédéric Piquet (KPMG) : « Le nombre de formations va augmenter dans les entreprises »

Entretien avec Frédéric Piquet, associé KPMG Strasbourg

Propos recueillis par Adelise Foucault - 11 avril 2019

Frédéric Piquet, associé KPMG Strasbourg et directeur national de KPMG Academy depuis avril 2017, revient sur les principaux enjeux de la réforme de la formation professionnelle et explique comment KPMG s’adapte à l’évolution des besoins de ses clients.

"La réforme de la formation professionnelle implique des investissements lourds" estime Frédéric Piquet.
KPMG Academy, que dirige Frédéric Piquet, devrait accueillir cette année 10 000 stagiaires, contre 8 000 l'an passé. — Photo : © KPMG

Le Journal des Entreprises : Que change la réforme de la loi sur la formation professionnelle de 2018 dans la pratique des entreprises ?

Frédéric Piquet : L’objectif de la réforme est de flécher l’argent public vers les plus petites structures, c’est-à-dire les TPE et les PME, ainsi que vers les populations les plus fragiles, les personnes les moins qualifiées. La loi vise à réduire le chômage et à augmenter l’employabilité des salariés. Le plan de formation est remplacé, depuis le 1er janvier 2019, par le plan de développement des compétences. La formation doit être beaucoup plus individualisée. La réforme met aussi en œuvre des actions en faveur de la validation des acquis de l’expérience (VAE), pour aller vers des parcours certifiants et vise également à faciliter le recours à l’apprentissage.

En tant qu’organisme de formation, quelles évolutions ont été apportées à votre offre, pour vous adapter aux exigences de cette réforme ?

F.P. : Elle implique des investissements lourds, pour répondre aux besoins de souplesse et de liberté. Chez KPMG, nous investissons massivement dans le e-learning avec de nouveaux outils, comme une plateforme de LMS (learning management system), pour pouvoir packager des offres associant formation présentielle et digitale. Elles permettent d’individualiser les formations à partir d’un tronc commun et de mieux répondre aux problématiques propres à chaque poste de travail.

« La formation est un outil d’attractivité important qui fidélise et prépare l’entreprise aux mutations de demain. »

Nous proposons désormais des parcours pédagogiques (fiscal, social, contrôle de gestion, etc.) certifiants. Nous proposerons aussi du coaching digital, pour s’assurer que les nouvelles compétences sont acquises et voir si le salarié a les capacités de les mettre en œuvre dans l’entreprise. Nous allons aussi proposer une évaluation des formations, avec des avis clients qui seront visibles sur notre site. Le « blended learning » a un coût un peu supérieur aux formations classiques, mais le retour sur investissement est bien supérieur. La formation est un outil d’attractivité important, surtout dans notre région. Cela fidélise et prépare l’entreprise aux mutations de demain.

Cette réforme aura-t-elle des retombées favorables au développement de KPMG Academy ?

F.P. : Nous formons 8 000 « stagiaires » chaque année. Ils seront 10 000 cette année. Nous observons une croissance de 38 % sur les quatre premiers mois de notre exercice, clôturé en septembre. KPMG Academy a réalisé un chiffre d’affaires de 5 M€ en 2018 et vise 5,5 à 6 M€ pour cette année. Nous avons recruté deux responsables projets, en septembre dernier, pour accompagner la digitalisation et l’évolution de notre offre vers du sur-mesure, la structuration des parcours certifiants et la montée en puissance de KPMG Academy sur les grands comptes.

Compte tenu de la transformation numérique des entreprises, nous pensons que le nombre de formations va augmenter dans les entreprises. La réforme nécessite aussi une professionnalisation accrue des formateurs, des spécialistes avec une expérience terrain. Nos formateurs sont déjà qualifiés, puisqu’il s’agit de salariés de KPMG, formés aux méthodes pédagogiques. Nous disposons de 238 sites de formation en France, qui correspondent aux implantations de KPMG, dont quatre en Alsace : Haguenau, Strasbourg, Colmar et Mulhouse.

"La réforme de la formation professionnelle implique des investissements lourds" estime Frédéric Piquet.
KPMG Academy, que dirige Frédéric Piquet, devrait accueillir cette année 10 000 stagiaires, contre 8 000 l'an passé. — Photo : © KPMG

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