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Filboost dope la créativité et la concentration des dirigeants

Par Lucie Dupin, le 25 mai 2022

Écouter des sons personnalisés pour favoriser la concentration et doper la créativité des chefs d’entreprise et des indépendants, c’est le pari de la jeune entreprise strasbourgeoise Filboost. Elle prépare également un programme de recherche en faisant appel à la psychologie cognitive.

Myriam Blouet a cofondé Filboost en 2021 à Strasbourg.
Myriam Blouet a cofondé Filboost en 2021 à Strasbourg. — Photo : Lucie Dupin

La créatrice

Elle a exercé pendant vingt ans des fonctions de responsable RH et financière en PME. Aujourd’hui âgée de 44 ans, Myriam Blouet voulait elle-même devenir chef d’entreprise. "J’ai commencé à chercher une entreprise à reprendre en me laissant un an devant moi", se souvient l’entrepreneure qui a porté ce projet début 2020. À ce moment-là, le Covid chamboule l’organisation et Myriam Blouet suit à distance une formation pour l’accompagner dans son projet de reprise. Son idée initiale était de "reprendre une entreprise artisanale pour la développer en PME". Le projet n’aboutit pas et Myriam Blouet s’apprête à passer à autre chose. C’est alors que, de son usage personnel des sons, naît un concept entrepreneurial à développer. Son conjoint David Lauret, ingénieur acoustique, adhère à l’idée. Ensemble, ils créent la société innovante Filboost, à Strasbourg, en 2021.

Le projet

"Dans mes recherches liées au marketing et à l’organisation du travail au quotidien pour mieux comprendre les aléas des entrepreneurs, je me suis intéressée à l’usage des sons, comme les bruits blancs, les sons de la nature, les sons d’ambiance", se souvient Myriam Blouet, qui s’appuie sur les propriétés des sons pour se concentrer et booster la créativité. Filboost propose une application web. Par abonnement, l’utilisateur a accès à une bibliothèque de sons développés spécifiquement. Au-delà d’une application web, l’entreprise innovante travaille aussi avec le laboratoire de psychologie cognitive de l'université de Lille. L’ambition est de créer, d’ici septembre 2022, un programme pour étudier l’impact des sons sur les process mentaux.

Les perspectives

"L’objectif, d’ici trois à quatre ans, est de proposer un son personnalisé adapté à la personnalité, aux besoins et à l’environnement des utilisateurs, le tout selon le profil psychologique de chacun", précise Myriam Blouet. L’entreprise a été accompagnée en 2021 par l’incubateur strasbourgeois du réseau 1kubator et vient d’intégrer l’incubateur régional Semia. Bpifrance a labellisé Filboost comme deeptech et lui verse une subvention de 90 000 euros. La start-up cible les chefs d’entreprise et les indépendants et compte travailler en B to B avec des fabricants de logiciels ou encore des aménageurs de bureaux qui pourraient intégrer le service à leurs offres. L’équipe strasbourgeoise de neuf personnes (les deux fondateurs, trois alternants et quatre stagiaires) devrait compter 13 personnes d’ici fin 2024. À cette date, Filboost prévoit un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros et 32 000 utilisateurs en France. En attendant, la jeune pousse prépare un dossier de subvention auprès de la Région Grand Est et projette une levée de fonds qui pourrait être bouclée en septembre 2023 pour accueillir de nouveaux actionnaires au capital. Actuellement, 1kubator détient 10 % des parts de la société aux côtés des cofondateurs.

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