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NatUp investit 30 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle usine

Par Sébastien Colle, le 24 janvier 2024

La coopérative agricole normande NatUp lance un projet de construction d’une nouvelle usine sur son site de Luneray, en Seine-Maritime. Un investissement de 30 millions d’euros, avec pour objectif de se doter d’une capacité de production de 20 000 tonnes de produits consommables à horizon 2025.

Natup veut aller plus loin que l’utilisation de la pomme de terre dans ses produits Lunor en passant d’une préparation de légumes entièrement stérilisés à une production incluant une part complémentaire de légumes pasteurisés.
Natup veut aller plus loin que l’utilisation de la pomme de terre dans ses produits Lunor en passant d’une préparation de légumes entièrement stérilisés à une production incluant une part complémentaire de légumes pasteurisés. — Photo : © NatUp

Pour faire évoluer la gamme de ses produits Lunor, et consommer moins d’énergie, la coopérative agricole normande NatUp (1 850 salariés / 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires), dont le siège est basé à Mont-Saint-Aignan, lance un projet de construction d’une nouvelle usine sur son site de Luneray, en Seine-Maritime. Avec pour objectif de se doter d’une capacité de production de 20 000 tonnes de produits consommables à horizon 2025, la coopérative aux 7 000 agriculteurs entend ajouter une part complémentaire de légumes pasteurisés à sa gamme de légumes jusqu’ici entièrement stérilisés.

Près de 30 millions d’euros d’investissement.

Une nouvelle usine pour laquelle la coopérative normande prévoit d’investir près de 30 millions d’euros : "C’est notre plus gros investissement pour un outil de production", s’enthousiasme Antoine Declercq, président de NatUp. La construction de la nouvelle usine permettra notamment de réutiliser les capacités actuelles de production du site en les optimisant, affirme la direction de la coopérative. "L’usine actuelle date de 1956 et se compose d’une succession de modules qui se sont ajoutés les uns aux autres, avec un fonctionnement industriel qui s’est organisé en fonction de la construction de ces modules", rappelle le dirigeant.

Si plusieurs hypothèses sont encore à l’étude pour le reconditionnement de l’ancienne usine, la direction de NatUp souhaite une continuité dans la production le temps que la nouvelle usine puisse produire ses premières barquettes. "Nous devons moderniser et gagner en productivité sur ces produits", souligne le président de NatUp. Avec une soixantaine d’emplois à la clé, qui viendront s’ajouter aux 230 salariés déjà présents sur le site de Luneray, la future usine d’une surface couverte de 10 000 m2 prendra place sur un terrain de 4 hectares, offrant suffisamment d’espace pour accueillir jusqu’à trois nouvelles lignes de production.

Un nouveau type de produits

Pour sa 10e année de développement en tant que filiale de NatUp, l’usine Lunor fait sa révolution en passant d’une préparation de légumes entièrement stérilisés à une production intégrant une part complémentaire de légumes pasteurisés. Un changement qui doit conduire à la possibilité de proposer davantage de recettes. "Nous allons perdre en date limite de consommation (DLC), en passant de 6 -8 mois à 2-3 mois mais en assurant une vraie différence de saveurs et qualités nutritionnelles. Notre volonté est d’aller vers des produits plus élaborés que les pommes de terre, avec de la crème fraîche ou encore des produits carnés, et l’utilisation de produits locaux à destination des enfants des écoles", assure Antoine Declercq.

Un site 4.0 et éco-durable

Afin de gagner en productivité, la coopérative agricole normande mise sur l’utilisation des nouvelles technologies, et notamment de l’intelligence artificielle. "En résultats, nous avons encore trop de risques qualitatifs. Ce que nous cherchons avec cette nouvelle usine, c’est de se doter de capacités technologiques nouvelles afin de pouvoir augmenter notre productivité et notre qualité de produits. Car nous avons une concurrence sérieuse en face de nous. Et pour gagner en compétitivité aujourd’hui, il faut investir dans les nouvelles technologies et viser les produits haut de gamme, comme les produits pasteurisés", souligne Antoine Declercq. Le projet de future usine intègre aussi un volet réduction de la consommation d’énergie, l’un des axes stratégiques de la coopérative agricole. "Nous avons pris des engagements clairs en matière de climat, avec la volonté de réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre de 30 % à horizon 2030. Et nous en sommes déjà à 14 % de réduction de ces émissions", se félicite le président de NaUp.

De bons résultats en 2023

Un investissement rendu possible pour NatUp grâce notamment à de bons résultats l’an dernier avec un chiffre d’affaires en hausse continue qui atteint les 1,6 milliard d’euros en 2023 (contre 1,46 milliard d’euros en 2022 et 1,13 milliard en 2021), mais aussi un résultat de +20,8 millions d’euros et un EBE proche de 51 millions d’euros. Le tout favorisé par "le contexte du marché des matières premières", souligne Antoine Declercq. Un exercice au cours duquel la coopérative a réalisé un niveau d’investissement "record" avec 30 millions d’euros, dont 4 millions d’euros pour les légumes, 1,6 million pour le pôle fibre, et le reste pour la partie distribution, avec notamment 2 millions d’euros pour Gamm Vert et 2 millions d’euros pour le développement de magasins des Éleveurs de la Charentaise.

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