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Les entreprises normandes peu concernées par la hausse des droits de douane américains

Par Isabelle Evrard, le 20 décembre 2019

Les entreprises normandes ne s’inquiètent pas outre mesure de la hausse des taxes douanières imposée par l’administration Trump en fin d’année dernière. Et pour cause : beaucoup d’ETI sont déjà implantées sur le continent américain. Exemples avec la coopérative Agrial et le céramiste Solcera.

Solcera, spécialiste de la céramique High Tech a investi dans le rachat, en 2018 de deux sites industriels au Brésil.
Solcera, spécialiste de la céramique High Tech a investi dans le rachat, en 2018, de deux sites industriels au Brésil et reconnaît n'être pas concerné par les nouvelles taxes américaines. — Photo : © DR

Peu d’entreprises normandes reconnaissent être concernées par la hausse des droits de douane, récemment imposée par l’administration américaine, dans le conflit Boeing/Airbus.

Agrial produit directement aux États-Unis

Ainsi, le groupe Agrial (22 500 salariés dans le monde), dont le siège est situé à Caen (Calvados), a réalisé, certes, 27 % de son chiffre d’affaires hors France en 2018 (5,8 Md€ de CA). Mais il n’exporte que très peu de produits aux États-Unis, « seulement des pommes, à certains moments de l’année. Or, ce produit n’est pas concerné par les taxes américaines », précise la direction de la coopérative normande. Les produits de la branche lait (fromages et laitages), eux, pourraient être touchés. Mais ils sont fabriqués dans des sites de production installés… aux États-Unis, tout comme la branche boissons.

En effet, Agrial est implanté en Amérique depuis 2012, par le biais de la société Manzana, basée en Californie et spécialisée dans la fabrication de compotes, vinaigres et jus à base de pommes 100 % bio. Avec l’acquisition de la société Seattle Cider, en 2016, Agrial a conforté sa présence aux États-Unis, en développant la production de cidre pour le marché américain. Une stratégie qui évite au groupe agroalimentaire d’être impacté par les nouvelles taxes douanières.

Solcera a choisi de s'installer au Brésil

De même, dans l’Eure, l’entreprise Solcera (20 M€ de CA ; 150 salariés), spécialiste de la céramique high-tech, a lancé un plan de modernisation de son outil industriel pour 18 millions d’euros sur cinq ans. Elle a également investi dans le rachat, en 2018, de deux sites industriels au Brésil.

« Nous nous positionnons sur le long terme au Brésil. Cette acquisition nous place en position de leader en Amérique du Sud », confirme Guillaume Lisle, directeur général de Solcera. Concernant les taxes américaines, il précise que « cette hausse des droits de douane ne nous pose pas de problème. Tous nos clients américains ont délocalisé leur production en Asie ou au Mexique. De fait, le problème qui se pose entre l’Europe et les États-Unis ne les concerne pas. »

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